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 Ame esseulée & soucieuse au coin d'un bon feu [LIBRE]

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Ezio di Vieri

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MessageSujet: Ame esseulée & soucieuse au coin d'un bon feu [LIBRE]   Jeu 2 Déc - 20:07



Nos vies sont faites de tout un réseau de voies inextricables,
parmi lesquelles un instinct fragile nous guide, équilibre toujours précaire entre le coeur et la raison.
Georges Dor


    L’hiver approche à grands pas et une pellicule de neige recouvre déjà la ville Nebulia. Les toits, les ruelles et les jardins sont recouverts d’un manteau blanc qui donne un charme magique au tableau. La saison sera rude, cela se sent au froid acérant qui s’installe peu à peu dans les contrées avoisinantes. Le Territoire de l’Est est le deuxième territoire le plus froid de la planète, après les terres du Nord et je ne m’étonne donc pas de ressentir les grands froids polaires arrivés en avance dans la ville Nebulia. Dans la ruelle où je me trouve, les gens commencent déjà à se couvrir de manteau épais et de bonnets en laine. Ils ne sont pas les seuls, moi aussi je me suis muni d’une deuxième couche de vêtement. Par-dessus mon long pull noir, j’ai enfilé un épais manteau en peau de bête qui me descend jusqu’aux genoux, ainsi qu’une haute paire de bottes en cuir moulu avec de la laine à l’intérieur. Des veloutes grises s’échappent de ma bouche à chaque expiration et je sens le froid me glacé la gorge dès que j’entrouvre mes lèvres. Pourtant, cet air glacé ne me dérange pas le moins du monde. J’aime sentir la douceur froide des flocons échouer sur ma peau, le froid me dévorer les entrailles et rougir ma peau. Tout ceci apparaît comme magique à mes yeux, mais contrairement aux autres années, je me sens nostalgique depuis quelques semaines. Poignardé entre honte et hésitation, lâcheté et désespoir, je ne sais que faire pour remédier à cette boule de nervosité qui me noue les entrailles.

    Mais après tout, c’est de ma faute. Si je ressens sans cesse cette nervosité, c’est bien parce que je suis en torts. Je mériterais mille fois de mourir sous d’atroces tortures pour avoir échoué à mon devoir. Si seulement quelqu’un savait, si une personne du château venait à être au courant, je ne doute pas que l’écartèlement ou le bûcher serait ma condamnation. Mais aurais-je pu me résoudre à laisser ma famille biologique mourir ? Ou aurais-je pu me résigner à mourir, moi qui ne suis qu’un simple ministre ? Allons, voilà que me montre encore lâches par des pensées égoïstes…ma vie ne vaut rien comparée à celle de Némésis, et je l’ai abîmé après menaces et tortures, parce que je suis un lâche, un bon à rien, un homme qui n’a pas su sacrifier sa vie pour sa majesté. Je me sens si honteux que je me dégoûte. Et la neige, si belle à l’aube d’une nouvelle journée, brillant de mille feux sous la lumière ambré d’un lever de soleil, me semble bien banale à côté de mes réels tracas.

    Alors que je bifurque dans une ruelle qui se trouve à ma droite, je soupire d’un air las et soucieux. Une odeur de pain chauffé au four vient me chatouiller l’odorat et je me rends seulement compte que mon ventre crie famine depuis quelques heures. Après tout, je n’ai rien avalé depuis hier matin. La nourriture m’aiderait surement à mieux réfléchir pour le restant de la journée. Je n’hésite donc pas à pénétrer dans la taverne du vieux BOB, endroit où je me rends fréquemment à l’aube pour me remplir l’estomac, loin du château, loin d’une tension palpable. Hier soir, j’ai pu croiser sa majesté à la réunion et à sa mine, mon être s’est senti brûlé d’un reproche sans nom. Je suis celui qui aurait peut-être causé sa perte…Alors c’est pour cette raison que j’essaye de retrouver la provenance du pollen de la fleur que j’ai utilisé comme poison…comme c’est Armani qui me l’a procuré, je n’en connais pas l’origine et je n’ai encore rien trouvé dans les manuscrits de la bibliothèque du château à son propos. Mais je ne désespère pas, il faut que je trouve un remède au plus vite, pour réparer mon erreur….

    « Ah, Ezio ! Toujours aussi matinal à ce que je vois. Ce sera comme d’habitude le potage du jour avec du pain et du vin pour monsieur le ministre ? »

    La voix enjouée du vieux tavernier me fit reprendre conscience de la réalité. Je constate avec surprise que je suis venu jusqu’au comptoir sans réellement m’en rendre compte. Une chaleur langoureuse rôde dans la grande salle, provoquée par le foyer qui brûle dans la cheminée. J’adresse un faible sourire au vieil homme qui est toujours aussi chaleureux avec moi. « Oui Bob, avec plaisir » Sur ce bref échange de mots, mes pas m'amènent jusqu' à la table la plus proche du foyer, me défaits de mon manteau et de mes gants pour les déposer sur le côté du banc. La chaleur de flammes me fait le plus grand bien et j’ai hâte de pouvoir me remplir l’estomac. Un bref aperçu de la salle et je constate qu’un couple déjeune à la table près du comptoir. Ils semblent être en pleine conversation…je m’en désintéresse aussitôt pour me perdre dans la contemplation de la rue à travers la fenêtre, en attendant ma commande, le regard rêveur, menton appuyé contre la paume de ma main.
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Drathir Linath

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MessageSujet: Re: Ame esseulée & soucieuse au coin d'un bon feu [LIBRE]   Ven 3 Déc - 20:54

    La ville. Drathir leva les yeux vers les épais panneaux de bois qui indiquaient l’entrée des diverses boutiques de la cité. Un forgeron, un tailleur, un orfèvre et j’en passe. Il y avait de tout, ce qui était normal vu que nous nous trouvions dans la capitale des terres de l’est. La jeune femme lâcha un mince soupir, qui se transforma en nuage de fumée au contact de l’air glacé. Elle venait rarement dans des citées de cette envergure. Après tout elle n’aimait guère la foule, ne supportait pas les cris des commerçants hypocrites qui racontaient un flot incessant de conneries juste pour vendre leurs marchandises et avait des envies de meurtres dès que des enfants couraient dans les rues et bousculaient les gens sans même s’en rendre compte. Oh certes elle ne se faisait plus bousculer, les enfants se heurtaient à un véritable mur quand ils tombaient sur elle, et devant son regard brillant de haine, les garnements s’excusaient bien vite. Mais cela la mettait de mauvaise humeur. Elle préférait de loin la nature, calme et paisible. Le murmure du vent lui prodiguait des conseils avisés, l’éclat de la lune l’apaisait considérablement, le hurlement des loups la faisait frissonner de plaisir. Et l’absence d’intrus suffisait à la rendre heureuse. La ville représentait donc un véritable cauchemar à ses yeux, mais il fallait bien y passer de temps en temps. C’est peut être pour cela qu’elle n’aime pas le gens car à force de côtoyer le silence de la nuit, on ne devient pas toujours des plus sociales. Mais bon, peu importe.

    Silencieuse, la demoiselle ramena ses mains à ses lèvres, alors qu’elle soufflait dessus afin de se réchauffer. Une tentative vaine, bien sûr, mais qui ne tente rien n’a rien. Vêtue de ses habituels vêtements de cuirs noirs, elle portait également une paire de botte qui la protégeait efficacement du froid ainsi qu’une épaisse cape de fourrure. La capuche était rabattue sur son visage de sorte à ce que seules ses prunelles vertes ne puissent être visibles. Son regard était ce qu’il y avait de plus troublant, captivant, et même dangereux. Ses yeux étaient très expressifs et un simple coup d’œil suffisait pour deviner quand la demoiselle était en colère. Ce qui pouvait servir, car une Drathir en colère, ce n’était jamais bon signe. Enfin bref, au final, la demoiselle était juste dépourvue de gants, ce qui expliquait le fait que ses doigts commençaient à être gelés et elle avait beau souffler dessus, rien n’y fait, elle avait toujours aussi froid. C’est pour cela qu’elle décida d’aller à la taverne la plus proche, afin de se réchauffer auprès du feu tout en se délectant d’un repas qu’elle aurait amplement mérité. Son ventre criait famine. Elle se dirigea donc vers le bâtiment que détenait un certain Bob, l’endroit était assez réputé, autant profiter.

    Ses doigts se refermèrent autour de l’imposante poignée, et elle dut forcer la porte pour que celle-ci daigne s’ouvrir. Saloperie de portes, elles étaient toutes épaisses et incroyablement lourdes. A croire qu’ils n’accueillaient jamais de femmes chétives ici. Quoi qu’il en soit, l’assassine pénétra alors dans la taverne, et la chaleur qui régnait à l’intérieur la frappa de plein fouet, lui faisant un bien fou. L’odeur de la nourriture la fit légèrement sourire, il s’agissait là des plaisirs simples de la vie qu’elle appréciait particulièrement. L’odeur d’un repas préparé avec soin, les craquements des brindilles qui alimentaient le feu, tout cela représentait beaucoup à ses yeux. Lâchant un soupir de bien être, elle conserva cependant sa capuche et alla s’installer dans un coin de la pièce. Les prunelles vertes de la donzelle – prunelles qui vous donnaient l’impression qu’un serpent vous fixait – se posèrent alors sur un couple près du comptoir. Ils discutaient, tout en s’embrassant de temps à autre, d’une manière passionnée et amoureuse. Un sourire narquois naquit sur le visage de l’assassine. L’amour. Elle ne l’avait jamais connu et ne comprenait pas toutes les folies qu’on pouvait faire pour un simple sentiment. Tout ceci la dépassait complètement, mais elle n’aimait pas aborder ce sujet. Cela la répugnait. Littéralement.

    Ce fut à ce moment là que la porte s’ouvrit une nouvelle fois et un jeune homme fit son apparition. Emmitouflé dans d’épais vêtements, qui devaient lui tenir bien chaud, il fut alors tiré de sa rêverie par la voix bourru du tavernier qui l’accueillit chaleureusement. Alors l’homme qui venait de pénétrer dans la taverne se nommait donc Ezio, prendrait du potage et du vin. Et il était ministre. Joli dis donc, beau titre tiens. Drathir tentait donc de savoir si la tête de cet homme était mise à prix, ce qui était possible vu son rang, et en tant qu’assassine, Drathir était bien placée pour savoir ce genre de choses. Mais elle avait beau méditer sur la question, elle ne se rappelait pas avoir déjà entendu que cet Ezio était une cible importante. Bon, soit. La demoiselle ne put s’empêcher de sourire et elle se leva. Le tavernier était partit quelques minutes, le couple continuait de discuter sans se préoccuper du reste, et ce ministre semblait perdu dans ses pensées, tout en fixant la neige qui continuait de tomber dehors. C’était le moment idéal pour s’amuser un peu.

    En quelques foulées amples et silencieuses, la demoiselle s’était glissée dans le dos du jeune homme. Parfaite ombre, elle était comme invisible, et ce fut dans ce même silence qu’elle dégaina une des dagues qui pendait à sa ceinture. Le tintement discret de la lame aurait pu avertir le jeune homme du danger qui le guettait, mais il était déjà trop tard. Habilement, la demoiselle glissa la tranchant de son arme contre le cou délicat du ministre. La pression qu’elle exerçait était parfaite. Elle appuyait suffisamment pour qu’au moindre geste elle puisse lui trancher la gorge sans soucis, mais la pression n’était pas assez forte pour qu’elle n’entaille la peau. Un sourire amusé aux lèvres, la blonde prenait un malin plaisir de mettre le ministre dans une telle situation. Elle approcha alors son visage de son oreille, et sa voix s’éleva, dans un doux murmure ironique.

    « Les ministres ne sont pas très méfiant de nos jours… Vous désirez tant mourir qu’on crie votre rang dans chaque auberge ? »

    Elle resta ainsi, immobile quelques secondes, avant de finalement reculer lentement sa tête. Toujours encapuchonnée, on pouvait tout de même voir quelques mèches de sa chevelure blonde. Délicatement, la lame de la demoiselle glissa le long du cou du ministre, caressant sa peau avec une douceur presque malsaine. Finalement l’arme se retrouva à sa juste place, rangée dans son fourreau. Et aucune blessure sur la peau du jeune homme. Pas même une entaille. Elle ne lui avait rien fait. Après tout, elle n’avait rien contre lui, n’avait aucun contrat qui stipulait qu’elle devait le tuer. Elle avait juste voulut s’amuser, même si la blague ne devait pas paraître très drôle aux yeux de l’homme. Ce fut à ce moment là que la tavernier revint, apportant au ministre son potage et son vin. Le fameux Bob jeta un coup d’œil suspect à Drathir, il se tendit légèrement, comme s’il craignait qu’un malheur ne s’abatte sur lui ou sa taverne. La demoiselle repoussa alors sa capuche, dévoilant enfin son visage, ce qui rassura le propriétaire de la taverne. A ses yeux, une femme n’était probablement pas un réel danger. Ignorant va. Ce fut alors sans la moindre gêne que l’assassine prit place en face du ministre et se tourna vers le tavernier.

    « La même chose s’il vous plait… »


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Ezio di Vieri

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MessageSujet: Re: Ame esseulée & soucieuse au coin d'un bon feu [LIBRE]   Ven 10 Déc - 10:40



    Une rafale de neige tournoya devant mes yeux, juste derrière les carreaux poussiéreux de la fenêtre. Des mini tourbillons de flocons qui menaçaient d’engendrer quelques rhumes et maladies chez les promeneurs du petit matin. Bien qu’il soit encore très tôt, je pus voir par-dessus le toit de la maison d’en face, le soleil se hisser avec allégresse dans le ciel d’azur et envoyer son sabre incandescent à travers la fenêtre pour venir m’éblouir le visage. Cette vive lumière me fit papillonner des yeux, mais me procura un bien fou. Je pouvais sentir la caresse des protons sur ma peau (façon de parler ^^), les bras invisibles du soleil me bercer pour m’entraîner vers une torpeur non méritée mais oh combien comprise ! Et c’est dans ces moments de paix, là où vous vous sentez le plus serein, que vous ressassez le goût amer de votre passé, les péchés commis qui vous ont remis en cause. Je me remémore de cette nuit fatidique où Armani, le bras droit de Takashi, est venu pointer son lame en acier trempé sous ma gorge et que son haleine putride de démon me révulsait. Je revois encore son sourire cruel et sournois, ses prunelles inquisitrices qui présageaient de longues heures d’enfer. Je déglutis, visiblement secoué de repenser à cette nuit de cauchemar. Les cicatrices dans mon dos commencent à m’envoyer une décharge électrique dans chacun de mes muscles. Je fais mine de les ignorer, habitué à cette douleur vivace que je ressens chaque jour, parce qu’ ‘elle est la preuve de ma lâcheté. A force de réfléchir et de me tourmenter, j’en oublie presque le monde qui m’entoure, jusqu’à l’instant, plutôt la seconde où un bruit métallique survient dans mon dos. Je m’apprête à me retourner pour voir de quoi il s’agit mais une lame vient délicatement se faufiler sous ma gorge, caresser l’épiderme de ma peau en un geste habile et rapide. Je déglutis. Un sbire d’Armani ? Mes orbes mordorés se glissent à droite, vers mon épaule, où je puis voir de longs doigts fuselés maintenir l’arme qui menace de me trancher la gorge à n’importe quel instant.

    Un souffle, chaux et mielleux, vient s’écraser contre ma nuque, signe indicatif que mon bourreau venait d’approche son visage de mon oreille. Quelle ne fut ma surprise d’entendre la voix doucement froide d’une femme. J’avais déjà des doutes lorsque j’ai aperçus sa main, mais quelque chose me dit qu’elle n’est pas un sbire de mon tortionnaire. Qui est-ce ? Que me veut-elle ? A en juger par ses propos, ce n’est qu’une voleuse, une brigande. Me tuera-t-elle au risque d’alerter le tavernier, ou encore le jeune couple assis non loin de ma table. Je frissonne lorsque la lame glisse sur ma peau, geste sadique de la part de l’inconnue qui prend un malin plaisir à me faire trembler. Oui, je tremble, mais j’ai suffisamment de contenance pour ne pas trop le montrer. Un tressaillement, un simple tressaillement prouve que je ne reste pas insensible à la présence de la femme. Ce n’est pas la première fois que l’on me menace juste à titre d’argent, du moins c’est les intentions que je déduis du comportement du propriétaire de la lame qui danse sous ma gorge. Alors je finis par répondre simplement, la voix rauque et neutre, les yeux perdus dans le vide.

    « Qui sais… »

    C’est là que je vis Bob arriver, l’air méfiant à l’encontre de la silhouette qui s’est subtilement détachée de moi. Je soupire, visiblement rassuré de ne plus sentir l’arme sous ma gorge alors que l’inconnue dévoile enfin son visage après avoir retiré sa capuche. Je vois Bob se détendre et venir déposer mon plateau sur la table, acquiescer d’un faible signe de tête à la demande express de l’inconnue et repartir dans les cuisines. Toujours tendu, méfiant et visiblement curieux de connaître les intentions de la femme, mon regard n’avait cessé de rester accroché à son visage, les sourcils froncés de contrariété. Mes doigts firent glisser le bol de potage jusqu’au bord de la table. La chaleur du contenu se répandit dans la porcelaine puis jusqu’à mes mains, ce qui me permit de me détendre, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

    « Alors, comptez vous me pillez, me tuez, où n’est-ce qu’une de vos petites blagues tordues mademoiselle ? »

    Je n’aime pas tourner autour de pot, autant attaquer directement le sujet et puis, cette femme ne m’inspirait aucune confiance. J’avais appris à me méfier du sexe opposé, loin d’être aussi faible qu’on pourrait le croire. D’ailleurs, il fallait doublement s’en méfier car les femelles sont dotées de ce pouvoir de charme qui vous brise le cœur une fois le méfait accompli. Je porte le bol à mes lèvres pour en absorber une petite quantité de son contenu, sentir le liquide chaud du potage me réchauffer la gorge et ravir mes papilles. MMmm, très bon ce potage…bah, comme d’habitude.

    « Je suis certes un ministre, mais je n’ai qu’un maigre butin sur moi »soupirais-je en décrochant enfin mon regard du sien, pour le détourner vers le comptoir vide.
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Drathir Linath

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MessageSujet: Re: Ame esseulée & soucieuse au coin d'un bon feu [LIBRE]   Sam 11 Déc - 15:00

    Un tressaillement, infime, mais suffisant pour que le sourire de la demoiselle s’élargisse lentement. Elle avait fait son petit effet, et sa blague douteuse n’en était que meilleure. Lorsque, enfin, elle avait daigné le lâcher, il avait soupiré, presque soulagé. Ayant désormais pris place sur la chaise qui se trouvait en face de celle du ministre, la demoiselle s’adossa au mur à coté d’elle, jetant un regard au jeune homme, silencieuse. Ce fut à ce moment là que le ministre avait posé une question, voulant savoir ce qu’elle comptait faire de lui. Hum, elle n’y avait pas encore réfléchit, mais bon apparemment elle ne désirait pas le tuer, sinon ce serait fait depuis longtemps croyez moi. L’assassine observa le jeune homme, remarquant qu’il était tendu, les mains crispées sur le bol qui contenait son potage du jour. Relevant les yeux vers son interlocuteur, la blonde daigna enfin répondre, son sérieux ayant quelque chose d’effrayant.

    « La mademoiselle voulait juste vous montrer que n’importe qui aurait put vous tuer. La vie est un jeu, mais vous n’avez pas l’air de bien en maîtriser les règles. »

    Si Drathir connaissait les règles de la vie ? Pas forcement. Mais elle connaissait les règles de la mort. Elle était assassine, était donc prudente et méfiante, constamment sur ses gardes. Même si elle semblait détendue, assise dans une position désinvolte et négligente, au fond elle était prête à tout. Prête à se faire poignarder, menacer, tirer dessus. Prête à esquiver, attaquer et tuer. Prête à tout. Et la vie n’était qu’un jeu, un jeu dont il fallait vite être le dominant, avoir le plus de fric, les meilleures armes. Bref, dominer la partie. Et pour cela, tous les coups étaient permis, et on n’avait jamais de seconde chance. Jamais. Enfin bref, ce fut à ce moment là que le jeune homme porta le bol à ses lèvres, afin d’en avaler une partie du contenu. D’ailleurs la commande de la demoiselle arriva à ce moment précis. Remerciant le tavernier du bout des lèvres, elle s’empara de son propre bol, ses doigts se refermant autour de celui-ci, la chaleur qui s’en dégageait lui faisant un bien fou. Ses doigts gelés se réchauffaient lentement mais sûrement, et enfin, elle se sentait bien.

    Le ministre reprit alors la parole, affirmant qu’il n’avait qu’un maigre butin sur lui. Drathir haussa un sourcil. Pour qui la prenait-il ? Pour une de ces vulgaires voleuses, bandits ou braconniers en tout genre ? Elle était bien plus que cela, bien plus efficace, bien plus dangereuse. Comme si elle n’avait que ça à faire, égorger tous les gens qu’elle croisait afin de récupérer quelques piécette ou objets de valeurs auxquels elle ne trouvait aucun intérêt. Les effets personnels des gens ne l’intéressaient pas, et récupérer une bourse presque vide non plus. Elle exécutait des gros contrats, ceux qui rapportaient beaucoup, afin de pouvoir vivre sa vie comme elle l’entendait. Oh non pas forcement en ayant un palais et des serviteurs, non, la demoiselle voulait juste avoir des armes de qualité, une monture rapide et endurante, et de la nourriture pour survivre. Rien de plus, rien de moins. Une vie simple, une vie faîtes de solitude, mais une vie quand même. Et pour rien au monde elle ne voudrait devenir sédentaire et se priver d’une liberté qu’elle chérissait particulièrement. Quittant sa rêverie, la blonde répliqua, toujours en arquant un sourcil.

    « Me prenez-vous pour un de ces vulgaires bandits de grand chemin ? Se serez me sous-estimer. »

    On pouvait penser que la demoiselle était tout simplement vantarde au possible, ce qui n’était pas totalement faux. Mais elle préférait crier à ceux qui voulaient l’entendre qu’elle était juste consciente de sa valeur. Avant de trancher promptement la gorge aux idiots qui avaient osés la considérer comme une femme fragile incapable de se défendre. Les idiots. Fort heureusement, le ministre qui lui faisait face ne semblait pas penser une telle chose. La méfiance qui se lisait dans son regard était palpable, il restait toujours légèrement tendu et ne la quittait que rarement des yeux. Se méfiait-il toujours de la sorte ? Ou juste d’elle ? Ou bien peut être la craignait-il parce qu’elle était une femme qui semblait avoir des ressources. Cette idée fit sourire la blonde, la confortant dans son orgueil surdimensionné. Elle daigna alors se concentrer sur son potage, resserrant son emprise sur le bol, elle le porta a ses lèvres afin d’en boire une gorgée. Le liquide encore fumant lui brûla presque la gorge, la faisant frémir, mais elle devait reconnaître que c’était délicieux. Jetant un coup d’œil au comptoir, elle remarqua que le dénommé Bob ne la lâchait pas du regard. Et elle du se retenir de rire.

    Le regard vert de la belle se posa alors sur le couple, qui semblait coupé du monde, ignorant tout ce qui se trouvait autour d’eux. Ils se dévoraient du regard, l’homme caressant avec douceur la main de sa dulcinée, tout en lui jetant des coups d’oeils amoureux et en lui offrant des baisers passionnés. La scène, émouvante et romantique au possible, donna à l’assassine l’irrépressible envie de vomir, et elle le prouva en grimaçant de dégoût. Ce fut alors sans quitter les deux tourtereaux du regard qu’elle demanda au ministre, la voix tranquille trahissant sa répugnance pour la scène qui se déroulait sous ses yeux venimeux. On pouvait cependant noter le changement incroyable de sujet, la question étant arriver jusqu’au cerveau de la belle qui n’avait pu s’empêcher de demander l’avis de l’homme qui se trouvait en face d’elle.

    « Vous ne trouvez pas ça pitoyable ? »

    Pitié, faîtes qu’elle ne soit pas tomber sur un homme en quête d’amour. Elle n’aurait plus qu’a se suicider, après l’avoir égorgé. Intolérante qu’elle était, elle n’aurait peut être pas supporter la compagnie d’un ministre trop amoureux des fleurs… façon de parler bien sûr.
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