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 « Vos limites ne me concernent pas ... [LIBRE]

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Drathir Linath

~ Shinrabanshounien en herbe ~
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■ Message : 20
■ Date d'inscription : 19/11/2010

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♦ Spécialité au combat: Combat à l'arme blanche/à feu
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MessageSujet: « Vos limites ne me concernent pas ... [LIBRE]   Sam 20 Nov - 19:01

    « Je suis mon propre monde, ma propre histoire.
    Cette terre inconnue, que tu ne pourras jamais voir. »


    Silence. Silence rompu par les caprices du vent qui soufflait avec force, ce qui rendait l’air plutôt frais, et ce malgré le ciel bleu et les rayons chaleureux du soleil. On était en début d’après midi, la journée était donc entamée depuis longtemps et désormais tout le monde s’activait en ville, exerçant leurs professions, errant au marché en quête de nourriture, d’armes ou de divers objets en tout genre. Mais aujourd’hui, Drathir n’était pas en ville. De toute manière elle était incapable de rester plus de deux jours au même endroit et ignorait comment les sédentaires parvenaient à acheter une maison et de se cloîtrer dedans pour le restant de leur vie. Elle était tout bonnement incapable de faire de même. Elle avait besoin de changements, de paysages et de couleur. Elle avait besoin de sentir les caresses du vent, la chaleur du soleil et l’éclat des étoiles. Elle avait besoin de vivre, libre. Libre et loin de ces villes trop bruyantes à son goût, même si les jours de fêtes pouvaient parfois être intéressant. Et c’était pour toutes ces raisons que la demoiselle avait pris la route en direction des îles flottantes.

    Se hissant sur le dos d’un cheval qu’elle avait acquit suite à l’argent récolté lors de quelques assassinats, la demoiselle fit un claquement de langue, donnant le signal du départ. Docile, sa monture d’ébène s’élança bien vite au grand galop, glissant entre les arbres, telle une ombre malfaisante. La demoiselle semblait à l’aise ainsi juchée sur l’étalon caractériel, penchant parfois sa tête afin d’éviter de se prendre une branche que son cheval n’avait pas pensé à esquiver. Il oubliait presque qu’il avait une cavalière sur le dos, ce qui faisait sourire la cavalière en question. Dans un geste inconscient, sa main glissa à sa ceinture, caressant distraitement le pommeau des deux dagues qui y étaient attachées. Geste qui la rassurait, comme si elle avait besoin de se rappeler que ses armes étaient là, à portée de mains. C’est fou comment elle pouvait être attachée à ce que beaucoup considéraient comme étant de simples morceaux de métaux. Alors qu’elle, si elle avait eu un peu d’imagination, aurait volontiers offert un nom à ces deux dagues. Et d’ailleurs la demoiselle estimait qu’une arme que l’on connaissait et que l’on avait nommée, était plus efficace. Vérité, ou superstition à la noix ? Impossible de savoir, mais vous ne parviendrez pas à la faire changer d’avis sur ce sujet là.

    Poursuivant sa route, toujours en lançant son cheval à toute allure, ce qui donnait l’impression qu’elle était poursuivie par des quelconques brigands. Comme si elle tentait de fuir. Ah, la bonne blague. Quoi qu’il en soit, la blonde arriva bien vite au lieu désiré. Les îles flottantes. Arrivant au pied de l’une d’elle, la jeune femme sauta à terre, et attacha son cheval à un arbre, juste à coté d’un point d’eau. Le nœud n’était pas très serré, afin que l’animal se sente attaché, mais qu’il puisse tout de même s’enfuir si un danger le guettait. Drathir ne craignait pas que l’on lui vole sa monture, celle-ci étant beaucoup trop impétueuse pour obéir au premier imbécile venu. Elle reviendrait le chercher plus tard, une fois qu’elle se serait amusée. Une fois qu’elle se serait entraînée. Une fois qu’elle aurait obtenue sa bouffée d’air frais. Sans un mot de plus, la jeune femme s’approcha de la première île à sa portée.

    Les îles flottantes. Pure merveille des terres de l’ouest, et il s’agissait d’un terrain d’entraînement absolument parfait aux yeux de la jeune femme. S’emparant d’une des lianes qui rampaient le long de ces immenses rochers, elle commença à grimper le long de celle-ci, tout en élégance, et on voyait à ses mouvements précis qu’elle avait l’habitude de ce genre de chose. D’ailleurs elle arriva bien vite au sommet de la première île, qui était de petite taille. Comme si elle tournait sur elle même, offrant à Drathir un panorama saisissant, elle se rapprochait alors d’une autre île. En un bond souple la demoiselle sauta. Ses doigts crochetèrent habilement une prise sur la paroi rocheuse, ses bras se tendirent brutalement sous la violence du choc, ce qui la fit grimacer et sourire en même temps. Ne cessant de jouer avec son corps, elle aimait dépasser ses limites et faire des folies du genre. Car elle aurait pu s’emparer d’une nouvelle liane afin de s’approcher en douceur, mais non. Ce serait trop facile sinon. Le souffle coupé, la jeune femme patienta quelques secondes que ses membres cessent de trembler avant de reprendre la longue ascension qui l’attendait.

    Souple et agile, elle prenait une impulsion sur des prises – parfois instables – afin de se propulser en avant, pour s’emparer du bout des doigts d’un morceau de roche qui daignait dépasser. Parfois les appuis venaient à manquer, et on la retrouvait en équilibre précaire, au bord de la mort, sans que cela ne l’inquiète véritablement. Elle avait totalement confiance en ses capacités, et savait ce qu’elle valait véritablement. De ce fait, elle ne s’inquiétait pas quand elle se retrouvait bloquée, et se contentait de se surpasser. Y prenant un véritable plaisir, et flattant au passage son égo. Ses muscles tendus, rendus endoloris par l’ascension, la demoiselle continuait pourtant de grimper. Son cœur battait à toute allure, l’adrénaline s’emparant de son corps un peu plus à chaque seconde. Jetant parfois des coups d’oeils en bas, elle découvrait alors un gouffre sans fond, formé par le ciel et les nuages. Fort heureusement elle n’avait pas le vertige, et elle regarda donc une nouvelle fois ce qui se trouvait au dessus d’elle, afin de finir sa séance d’escalade. Reprenant sa route, ses prunelles vertes brillantes de détermination, elle finit par atteindre le sommet. Pour sa plus grande satisfaction.

    Dans un dernier effort, elle se hissa enfin au sommet de l’île, avant de se redresser lentement, le souffle court. Observant les environs, l’ombre d’un sourire passa sur son visage quand elle découvrit le panorama qui s’offrait à elle. Avec la sensation d’être la reine du monde – et que personne ne viendrait la déranger – elle soupira de bien être quand le vent caressa doucement son visage, comme si il la récompensait pour ses efforts. Ses mèches blondes virevoltaient sous le vent, comme si celui-ci les emmêlait du bout de ces doigts invisibles. Glissant sa main à sa ceinture, la demoiselle s’assura une nouvelle fois que ses armes étaient toujours là, afin de s’asseoir contre le premier arbre des environs. Fixant le ciel, fixant l’horizon. Tout cela sans un mot. Epuisée, mais un sourire rayonnant aux lèvres, la donzelle récupéra cependant bien vite son souffle. Juste à temps d’ailleurs, car une branche craqua, non loin de là.

    Drathir se crispa aussitôt, sur le qui-vive, ses muscles soudainement tendus, la faisant ressembler à une panthère gracieuse prête à bondir. Ses doigts délicats s’enroulèrent autour d’une de ces dagues, alors qu’elle risquait un coup d’œil par-dessus son épaule. Ce fut une silhouette qui s’avança vers elle, et le fait que l’inconnu se montre aussi facilement suffit à la détendre un peu. Si la personne qui s’avançait avait eu de mauvaises intentions à son égard, il se serait probablement fait bien plus discret. Mais la demoiselle ne baissa sa garde pour autant – elle était toujours méfiante, par simple prudence – mais semblait déjà plus sereine. Se détournant de la silhouette, elle s’adossa de nouveau contre son arbre, sans se soucier de l’inconnu.
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Wonsul Sai Munsu

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MessageSujet: Re: « Vos limites ne me concernent pas ... [LIBRE]   Mer 1 Déc - 21:46

    L’air moite et humide n’est pas franchement pas ma tasse de thé. Pourtant, ces lieux sont réputés pour leur atmosphère dense qui permet à maints guerriers d’entraîner leur respiration. Cette raison n’est pas la seule qui m’a amené si loin du château de Nebulia. Ce paysage irrégulier où flottent quelques îlots assaillis par une végétation verdoyante est un lieu idéal pour performer habilité, rapidité et réflexes de surprises. Sous la végétation dense, presque suffocante, de ces îles flottantes où pendent des lianes centenaires se cachent des variétés dangereuses, des êtres vivants devenus légendes dans la bouche des aventuriers revenus sains et saufs des expéditions dans cette partie sombre mais si fantasmagorique du territoire de l’Ouest. Bêtes mythiques et assoiffées du sang des pauvres voyageurs insouciants, ombres malfaisantes qui vous épient sous les branchages épais des arbres, petits lutins grincheux prêts à se jeter sur vous pour vous arracher les boyaux de leurs dents acérés. Bref, c’est dans cette région qui donne tant d’inspiration aux écrivains où mythomanes sans histoires à raconter que j’ai décidé de me rendre. Une odeur boisée sévissait autour de moi, fruitée quand je passe devant des petits buissons remplis de fruits variés allant du rouge au vert, du jaune au mauve. Tout n’est que beauté mortelle autour de moi, avec ces couleurs chatoyantes et fraîches dont ont n’aurait jamais soupçonné l’existence, ces veloutes grises qui s’élèvent en masse entre les courbes losangiques des innombrables petits îlots. Odeurs et couleurs se mélangent autour de moi, tout se confond en mon sein, et pourtant, j’ai l’impression que mes pensées sont d’une clarté limpide. Je peux voir au travers de l’eau miroitante des mes idées, plongé ma tête dedans et respirer l’esprit léger.

    Une brise tiède plutôt audacieuse vint souffler vers les rebords de l’îlot dans un cri strident. Un petit sourire s’esquissa sur mes lèvres pourpres lorsque ma longue chevelure ébène fut soulevée par le souffle moelleux et doux du vent. Et mère nature continue de jouer avec moi en balayant les pans de mon long kimono noir et blanc. Elle se mêle à moi, m’absout de désirs suicidaires alors que je regarde le vide qui s’étend devant moi sur des kilomètres de hauteurs. Debout et fièrement dressés, les bras croisés derrière mon dos, j’observe de mes prunelles rouges carmines les masses de couleurs brunes et vertes flotter en-dessous de l’ilot sur lequel je me trouve. Tout bouge, tout se mou au rythme lent d’une parade musicale.

    Et si je me bougeais un peu ? Non pas que rester planter là comme un piquet m’ennuie, mais je ne suis pas venu ici pour glaner comme un paresseux. Après un petit gloussement muet, l’adrénaline me pousse à me jeter dans le vide. Tomber, s’enfoncer dans le vide alors que le vent gifle la peau claire de mon visage. Tête en bas, la chute s’amorce et je sens mes entrailles tournoyer dans mon être. Tomber, encore tomber, ne jamais voir un obstacle, le sol, voler d’une paire d’ailes invisibles, s’échouer au cœur du monde comme Icare. Je vois le sol se rapprocher à une vitesse affolante quelques centaines de mètres en dessous de moi et le vent qui continuer de gicler son haleine froide contre moi. Quelques secondes, la juste maîtrise, un dernier soupir et me voilà en train de virevolter en quelques pirouettes pour atterrir avec habilité sur les feuilles mortes et viennent racines d’une clairière mal éclairée. Bon, niveau éclairage, c’est un peu normal en vue de l’épais brouillard qui sévit dans le ciel. Après m’être agenouillé pour mon atterrissage, un coup d’œil aux alentours par prudence, je m’humecte les lèvres dans un élan de satisfaction avant de me relever de toute ma hauteur. Mais alors que j’imprégnais des nouvelles odeurs des environs, une en particulier retint mon attention. Elle était proche, à proximité, non loin de moi, je peux le sentir grâce à l’odorat fin que me procure ma nature vampirique. Une présence, un humanoïde, un être doué d’intelligence ? Cette hypothèse m’arracha un sourire et titilla ma curiosité à tel point que me voilà déjà en train de m’engager entre les arbres et buissons, écartant quelques fougères sur mon passage, esquivant le vol rapide des oiseaux prédateurs ou insectes mortels. L’odeur sucrée s’amplifier. Bonne chose, je rapproche du but…et après quelques minutes de marche, une silhouette gracile aux longs cheveux d’argents apparaît devant moi. Un corps svelte et sauvage, une peau foncée qui souligne la belle couleur maculée des cheveux. Elle se tend, je le ressens, mais continue ma marche d’un rythme lent et nonchalant. Ne pas l’effrayer, découvrir qui elle est, car il s’agit bien là d’une femme, difficile de se tromper là-dessus. La précaution m’oblige à m’arrêter à quelques mètres de l’arbre qu’elle a choisi pour compagnon de solitude. Je souris ; quelle étrange femelle. « Je n’aurai jamais imaginé rencontrer une humaine dans ces lieux…. » Une humaine, je m’en rends compte à l’odeur de son sang si alléchant. Mes pupilles s’animent d’une flamme envieuse. « Enchanté serait approprié, mais quelque chose me dit que vous êtes douée pour les surprises » Un pas en avant, les bras pendant le long de mes hanches. Mon regard pourpre s’accroche au sien, sombre. « J’ai bien fait de choisir cet îlot… » Un sourire neutre mais qui ne cache pas l’étincelle curieuse de mon regard. Elle représente aussi bien un être de nuit que de jour. Je finis par décrocher mon regard du sien, l’égarer vers le paysage verdoyant. « Pacifique ou hostile, aurais-je le plaisir d’accrocher un nom à votre joli minois ? »
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Drathir Linath

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MessageSujet: Re: « Vos limites ne me concernent pas ... [LIBRE]   Ven 3 Déc - 20:00

    Etrangeté. Normalité. Voila des notions bien subjectives, et la demoiselle ne prenait plus le risque de juger quelqu’un, encore moins sur un premier coup d’œil. Les gens étaient ce qu’ils étaient et elle n’essayait plus de changer leur nature, la tâche était trop ardue et elle n’avait pas de temps à perdre. La vie était bien trop courte et le temps trop précieux pour être sacrifié inutilement. Et ça, la blonde le savait parfaitement. Tout en gardant le silence, elle jeta un bref coup d’œil à l’inconnu qui venait encore de s’approcher, tout en gardant une certaine distance de sécurité. Il s’agissait probablement d’une simple précaution, et elle ne put s’empêcher d’approuver mentalement la sage décision que l’homme venait de prendre. On n’est jamais trop prudent et la prudence était une chose essentielle en sa compagnie. Drathir ne pouvait pas garantir une passivité ou un calme sans limite, loin de là. Le sourire de l’homme ne lui échappa pas, et il entama la conversation, prenant la parole. « Je n’aurai jamais imaginé rencontrer une humaine dans ces lieux… » Drathir esquissa un mince sourire, presque invisible sur son visage aux traits délicats. Comme quoi, elle parvenait à surprendre de part sa simple présence. Formidable. La voix de la demoiselle s’éleva aussitôt, réplique amusée, teintée d’une ironie nette. Elle était ainsi, toujours moqueuse, même s’il ne fallait pas confondre avec de la méchanceté. Car quand Drathir s’énervait, croyez moi, vous êtes les premiers au courant.

    « Comme quoi, la vie nous réserve parfois de ces surprises… Mais si vous n’êtes pas vous-même un humain, qu’êtes vous donc ? »

    Et voila, c’est ce que j’appellerais une tête bien faîtes. L’inconnu venait de prononcer une seule phrase, et Drathir avait déjà compris quelque chose, bien qu’elle ne puisse trouver toute seule de quelle race pouvait appartenir l’homme, elle savait d’or et déjà qu’il n’était pas humain comme elle. Et ce fut à ce moment là que les prunelles vertes de la belle se plantèrent dans celle de ce qu’elle avait considéré un peu plus tôt comme un intrus. Les yeux de celui-ci brillaient d’un éclat envieux, comme s’il désirait quelque chose. Comme s’il la désirait elle. Bien que d’apparence détendue, la demoiselle se méfia un peu plus de cet homme dont elle ignorait tout, ce regard ne lui disait rien qui vaille, alors autant ne pas se jeter inconsciemment dans la gueule du loup. Ce serait vraiment dommage, et très bête aussi. « Enchanté serait approprié, mais quelque chose me dit que vous êtes douée pour les surprises ». Drathir haussa un sourcil, elle prenait ça pour un compliment, serait-elle tombé sur un vil flatteur ? Ou un véritable pervers, ce qui aurait pu expliquer le regard si envieux qu’il arborait, sans même vouloir le cacher.

    « Votre intuition est plutôt bonne, quoi que incomplète. Après tout, peut être suis-je une mauvaise surprise ? »

    Voila ce qu’elle voulait. S’imposer. Montrer qu’elle n’était pas une femme fragile juste bonne à faire la cuisine – en fait Drathir était nulle dans ce domaine – ou à s’occuper des gosses, elle détestait ces enfants geignards, surtout quand ils trainaient dans ses pattes. Elle tentait donc de le prévenir, avertissement léger, afin qu’il prenne conscience qu’au moindre geste malveillant, elle lui trancherait la gorge. Sans la moindre hésitation. Car personne n’avait le droit de lever la main sur elle, personne n’avait le droit de lui passer une chaîne autour du cou. Peut être que la demoiselle est paranoïaque, que cet homme ne veut que son bonheur, mais bon autant prévenir tout de suite. Il ne pourra pas porter plainte ensuite hein. Drathir l’observa alors un peu plus en détail. Il était vêtu d’un kimono noir et blanc, sur lequel reposait une longue chevelure d’ébène qui contrastait avec une peau étrangement pâle. De la couleur d’une neige incroyablement pure. Le regard pourpre de l’inconnu rappelait la couleur du sang frais. Ce sang qui s’écoule de vos blessures béantes, blessures mortelles. Drathir s’y connaissait plutôt bien dans ce domaine, elle n’était pas assassine pour rien.

    Le jeune homme reprit alors la parole, affirmant avec un sourire neutre qu’il avait bien fait de choisir cet îlot. Drathir ne pipa mot, mais un sourire proche de l’insolence naquit sur son visage. Amusement. Comme si elle riait d’une blague qu’elle était la seule à comprendre. Au fond, elle riait, sincèrement. Au fond, elle le plaignait, réellement. Après tout, ils disaient tous ça. « Ravi de vous rencontrer demoiselle, vous êtes charmante » et ensuite ils l’insultaient. La belle devenant salope. La demoiselle devenant charogne. Elle avait l’habitude, mais les insultes n’aidaient pas à arranger la situation, bien au contraire. Et ça se finissait bien souvent en baston général. Combat qu’elle gagnait. Systématiquement. Vous pouvez penser qu’elle n’est qu’une vile prétentieuse, hautaine et bien trop sûre d’elle. Mais elle vous répondra qu’elle a juste « conscience de sa valeur » et elle s’imaginera qu’elle vous est en tout point supérieur. Un bon moyen pour se rassurer. Enfin bref. Drathir fut tirée de sa rêverie par des nouvelles paroles, prononcées par cet inconnu. « Pacifique ou hostile, aurais-je le plaisir d’accrocher un nom à votre joli minois ? »

    « Joli minois ? Vous abordez toutes les femmes de cette façon ? » Un sourire passa sur son visage, furtif, mais alors qu’elle semblait se cloîtrer une nouvelle fois dans le silence, elle finit par daigner offrir une véritable réponse. « Je me nomme Drathir. Et je vous retourne la question, quel est votre nom ? »

    Elle aurait pu jouer les flatteuses en demandant plutôt quel nom pouvait bien porter un homme aussi beau. Mais finalement elle ne l’avait pas fait. Pourquoi ? Ahah, allez savoir…
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