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 Un labyrinthe d'originalités ~Némésis

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Leif Oswald

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MessageSujet: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Dim 3 Oct - 14:25

oo1. un labyrinthe d'originalités - « vous avez vu: rien ne se résume au hasard. »

« Un matin. Le vide. Ce vide te fait douter. Ce vide te fait tourner la tête. Mais malgré tout, tu sais qu'il te faudra un jour y faire abstraction, l'oublier pour prendre ton envol. Te croyant plus malin que les autres, tu franchis cette limite trop longtemps fixée et finis par te perdre. Oiseau éphémère aux ailes consumées. Pauvre jeune homme perdu dans les méandres de ses pensées. Courageux chevalier au passé si flouté. Au final, tu y gagneras le droit de partager un petit moment avec celle à qui tu dois tant. Une douce mélodie. Un son nouveau. Te voilà enfin prêt à aller de l'avant. Qu'attends-tu pour seulement saisir cette main inoffensive && gracieuse qui t'est si angéliquement proposée? » ♣
Par moment, essayer de comprendre n'est pas la meilleure des attitudes à adopter. Bien que je sois l'un des premiers à préférer employer le mot « précaution », je ne vous cacherez pas que ce lieu transgresse un peu tous mes principes. Plus rien n'a de logique en ce moment présent. Monter à de hautes altitudes a toujours eu pour effet de me terroriser, de faire renaître ces démons intérieurs; cependant en ce lieu je ne peux me sentir qu'apaisé, reposé. A mon humble avis, la science ne parviendrait pas à résoudre ce problème, cette étrange phobie qui ne se déclenche qu'une fois sur deux. Le ciel tout de bleu teinté semble me regarder, me questionner sur cette constante présence. Car oui, je ne me souviens pas encore vous l'avoir confié: je viens ici une fois par semaine, dans l'espoir de retrouver le calme et de faire le point avec ma propre conscience. Pas question de passer outre cet accord. Même cette ombre de malheur ne peut me faire changer d'avis -autant dire qu'elle n'en est pas à sa première tentative-. Il m'arrive parfois de sourire devant ses remarques niaises, voire même un poil en totale contradiction avec le sujet. Voici un peu la liste de ces remarques désobligeantes et hilarantes à la fois: « Tu ne crois pas que tu risques de te faire mal en montant là-haut? » « Oui oui. Pour un suicide c'est la meilleure des solutions.» « Et sinon, tu comptes tout redescendre en courant après? » « On compte le nombre de marches alors! ». Exaspérant n'est-ce pas. Dîtes-vous que cela n'est qu'un court aperçu de ce que je vis au quotidien. Cette chose me suit partout, m'espionne où que je sois. Mais cessons donc de parler de lui et revenons au mont Amé. Bien qu'imposant de par sa taille, ce mont nous offre une vue magnifique sur l'ensemble du territoire de l'Est.. Mélancolie venue d'ailleurs. Mélancolie qui ne se soucie que très peu dudit bonheur.

Yeux braqués droit devant, je contemple le paysage sans pour autant oublier cette méfiance qui m'est si fusionnelle. Toujours préférer le ciel ou l'horizon: mais ne jamais baisser le regard, se permettre une fatalité. Air solennel, je sens ma main qui comme dans un automatisme, va rejoindre la garde de l'épée. Un simple réflexe, comme s'il m'est possible de prévoir à l'avance un danger. Et puis machinalement je me laisse aller à toutes ces bonnes choses, aux sacrifices, à cette route qu'il a fallut faire pour en arriver là. Pour le moment, la vallée semble avoir retrouvé son calme, comme peinte sur un tableau animé par mille et mille couleurs. Pas besoin de se voiler la face: un jour ou l'autre la situation finira par se dégrader et là, seulement à ce moment, les choses sérieuses pourront commencer. Par habitude, je ne me tiens que très rarement éloigné de Némésis, voulant plus veiller à sa sécurité qu'autre chose. Après tout, sans elle je ne serais plus rien et il m'est parfois fort désagréable de penser qu'elle puisse manquer de perdre la vie dans des combats. Des batailles où je ne suis pas, trop occupé par certaines missions. Nous, chevaliers veillons aussi bien à la protection des civils, qu'à celle de la dirigeante de ces terres. Il n'est pas toujours facile de concilier les deux, mais malheureusement avec la tempête qui approche nous n'avons pas réellement le choix. La perte d'un être de l'Est est toujours un bouleversement. Si l'ennemi parvient à la terrasser: que deviendrons-nous? Qu'adviendra t-il de cette partie de paix, de ce bout de continent enchanté? Bien que je ne sois pas trop féérique, j'entends parfois vivre une existence normale dans le cadre de l'entente de tous. Tout le monde a le droit de rêver non? Quelques uns peuvent vous dire qu'il est totalement décalé de penser de cette façon en pleine crise, mais moi je me contrefous de l'avis des autres, j'avance comme bon me semble tant que ces décisions n'atteignent pas la mage. « Je ne comprends pas l'intérêt de venir tout le temps ici. » cette voix grave et lourde qui me sort de toute pensée et à laquelle je mets un certain laps de temps à répondre « C'est parce qu'il n'y a pas de raison particulière, voilà tout. » il doit être surpris. il doit être agacé par cette phrase qui ne soulève en aucun cas le problème, qui le fait tourner chèvre. être franc n'est pas dans ses capacités et je le sais parfaitement, donc je ne vois pas l'intérêt de lui répondre honnêtement. « Je te sens fatigué, Leif. » habilité dans la voix, tel un tueur face à sa victime. moi... fatigué? et même si c'est le cas qu'est-ce que ça peut bien lui faire? depuis toutes ces années j'ai appris à passer outre mes mauvaises nuits de sommeil et ce n'est pas aujourd'hui que ça changera. c'est sans détacher mes pupilles d'un étrange nuage que je lui réponds. « Je ne serais pas monté jusqu'ici si j'étais fatigué. D'ailleurs, je ne comprends pas non plus en quoi cela pourrait t'importer. Après tout, tant que toi tu vas bien... tout t'es égal non? » au final lorsque l'on prend le temps de nous observer, nous ne nous entendons que très peu. il m'exaspère, je l'agace, il me fait tourner en bourrique, je lui rends la pareille. « Nous allons rester ici longtemps? » « Tu peux aussi te détacher et aller faire un tour, rien ne t'en empêche. Il ne m'est pas impossible de veiller sur ma sécurité, j'ai grandi. » parler avec plus de froideur, se dire que c'est la clef de la libération. pas du genre à plier devant l'un de ses caprices, je m'arrange pour souvent aller à l'encontre de ce qu'il peut me dire. Peut-être un tort qui me conduira à ma propre perte mais peu m'importe. pourtant avec le temps nous devrions mieux nous entendre, pouvoir compter l'un sur l'autre... mais quelque chose m'en empêche. une alarme intérieure qui me dit de me méfier, de ne pas l'écouter. « Ta sécurité m'importe énormément malgré toutes ces pensées négatives que tu peux avoir. Je ne suis pas loin. » et il s'éloigne, je peux sentir la sérénité me gagner maintenant, loin de lui et de tous les soucis. les yeux légèrement brillants de par la lumière, je replonge mes pupilles sur l'horizon.

Bientôt une heure que j'observe et rien ne me fait décrocher. Le ciel s'assombrit lentement, ne prenant plus la peine de filtrer ces quelques nuages d'un gris entêtant. Revenant finalement à moi, je me demande si je ne me suis pas endormi debout, absorbé par le spectacle qui peut m'offrir le paysage. Non, je suis bien éveillé. PLOC! Instinctivement je détourne la tête. Un ruisseau. Voilà un an à tout casser que je viens ici et je n'avais pas encore remarqué ce cratère d'eau. La vue nous aveugle. PLOC! Je décide de bouger pour aller me poster devant, m'accroupissant. PLOC! Un franc sourire amusé se dessine sur mes lèvres en découvrant... une petite communauté de poissons. Depuis combien de temps n'ai-je pas eu l'occasion d'en croiser? Ils se coursent après, essayant d'attraper la queue de l'autre, se pinçant aussi de temps à autre. Vous allez trouver ça enfantin, mais ça m'amuse énormément. Ne voulant en aucun cas troubler ce doux moment, je me contente de les observer, distrait. Puis arrive le moment où je finis par croiser mon reflet. Les yeux rouges. Les cheveux noirs. Les poissons qui viennent onduler entre deux. C'est risible. En définitive je n'ai pas autant changé que cela en dix ans. Cet air de je-m'en-foutiste. Ce côté sombre qui ne me quitte pas. Inspectant encore le reflet, je me rends alors compte que le col de la chemise n'est pas bien arrangé. Un petit gloussement m'échappe et je le repositionne énergiquement. J'ai dû me salir en montant, par dessus le marché. Enfin, ce n'est rien. Sans raison particulière ma main se tend jusqu'au reflet, semblant vouloir l'effleurer. Mes yeux à demi-clos ne laissent échapper qu'un grain de curiosité, comme si une chose m'attire, me demande de le rejoindre. L'autre a sûrement raison, la fatigue me joue des tours. Mon doigt se pose sur la surface plate de l'eau, faisant disparaître mon double. Les poissons s'en vont, effrayés par ce corps étranger qui veut se joindre à eux. déclic soudain et air enfantin à la clef.« Je ne m'attendais pas à connaître l'honneur de vous croiser ici aujourd'hui, votre Altesse. » c'est sans ouvrir les yeux que je me redresse lentement, sereinement; comparable à ces marionnettes dont on se joue tant. il n'est pas l'heure de transgresser les règles de la politesse et je ne puis m'empêcher de me retourner et poser un genoux au sol, m'agenouillant comme un chevalier se doit de le faire. actuellement, nous n'en sommes plus vraiment au stade de "chevalier-dirigeante", mais elle n'en reste pas moins la souveraine de la cité et je ne me sens pas capable d'exprimer une inintéressante familiarité en sa présence. « Puis-je me permettre de vous demander la raison de votre présence en ces lieux? » une question comme les autres, mais à laquelle j'accorde une importance toute particulière. ma confiance envers Némésis est sans faille; mais j'espère qu'elle ne tentera pas de faire dévier la discussion, qu'elle me dévoilera ses véritables intentions. néanmoins des questions me perturbent: est-elle là depuis longtemps? me suivait-elle et si oui pourquoi? à quoi s'argumente sa présence? d'un sens, la savoir ici ne me donne pas l'esprit tranquille: elle est faible. depuis la découverte de sa maladie, l'appréhension me poursuit d'avantage parvenant même à me faire douter quelquefois.

Des pupilles qui se dévoilent enfin, sans pour autant oser croiser les siennes.
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Némésis Phoenix

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MessageSujet: Re: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Sam 9 Oct - 13:13

Inévitable réalité
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    Cœur blessé, corps malade, âme perdue, Némésis venait de sortir d’un réveil agité, le corps tremblant sous les draps de soie de son lit en baldaquin. Les muscles tendus, la respiration inquiétante, n’importe qui aurait pût mettre ça sur le compte d’un quelconque cauchemar, d’un rêve noir et sadique mais les tâches de sang qui maculent l’oreiller blanc eurent sitôt fait de retirer cette hypothèse. Chaque goutte de sueur qui coule, presque invisible à l’œil nu, sur cette peau brûlante, n’est pas due au sommeil agité, mais bien provoquée par la maladie récente qui ronge la jeune femme depuis quelques mois. C’est la dure loi du mortel ; subir les épées tranchantes de la mort qui se présentent sous différentes formes : maladie, assassin, geste maladroit,… Némésis se roula dans les draps blancs et essaya de calmer son pouls affolé. Ses longs cheveux d’argent étaient éparpillés autour de son visage anormalement blanc, en vrac. Elle s’aperçut des tâches carmines sur le tissu. Soupir, abandon, ne plus y penser… L’aube présente faisait rayonner un beau soleil dans le ciel, une lumière vive éblouissait la chambre de la Ganso. Bercée par la douce fraîcheur du matin, les yeux fixés vers le ciel bleu qui s’étalait à travers l’extérieur, par-delà la fenêtre, la magicienne se perdit dans ces longues réflexions typiquement matinales qui élaborent des projets pour le reste de la journée. Des pensées mélancoliques, des résultats amers bien que durement réalistes. Elle aurait voulu profiter de la chaleur bienfaisante des draps mais l’heure était propice à la promenade.

    Némésis se redressa sur son lit, l’esprit encore embrumé par de néfastes cauchemars, et s’accorda quelques minutes avant de s’extirper des draps pour rejoindre la garde-robe. Nue comme un verre, la jeune femme affichait un corps parfait, formé de belles courbes qui auraient fait jalouser plus d’une. Elle prépara un kimono vert jade, des sandales noires qu’elle déposa sur la chaise avant d’aller se décrasser de la sueur matinale dans la baignoire où de l’eau chaude avait été versée pendant son sommeil par un domestique. Lorsqu’elle s’immergea dans l’eau mousseuse, un doux frisson la fit sursauter, causé par la différence de température entre l’air frais qui régnait dans la chambre et l’eau chaude. Ce bain lui procura maintes sensations de bien-être, atténuant ses maux de ventre. Des veloutes s’échappaient du bain moussant. L’odeur du jasmin rôdait dans l’air, preuve que sa domestique avait ajouté des pétales de fleur de jasmin dans l’eau, un parfum dont Némésis raffolait. Elle se laissa glisser contre les parois de la baignoire, la tête à moitié immergé dans l’eau, somnolant presque jusqu’à ce que deux coups portés à la porte lui firent ouvrir les paupières. « Dame Phoenix, votre petit déjeuner, puis-je entrer ? » La concernée acquiesça t la porte s’ouvrit sur une jeune femme pleine de vie que Némésis appréciait. La jeune brunette, vêtue d’un kimono noir et blanc, comme tous les autres employés du château, les cheveux noués en un beau chignon, déposa un grand plateau d’argent sur la petite table circulaire qui demeurait inerte au milieu de la vaste chambre. Comme chaque matin, elle s’approcha du lit pour prendre les draps afin de les nettoyer pour le soir. Némésis posa un regard neutre à Shéhérazade qui lui jeta un regard inquiet à son tour. « Il y a plus de sang que les dernières fois….noble dame, puis-je me permettre de poser une question ? » La Ganso hocha de la tête, le regard toujours neutre. Shéhérazade était l’une des rares personnes du château à être au courant de son état de santé. « N’y a-t-il aucun moyen de vous guérir ? » Némésis se tût, décidée à ne pas répondre. Elle tourna son regard vers la fenêtre. Un sourire pâle figurait sur ses lèvres. A l’affût des bruits de sa domestique, elle entendit des pas s’éloigner vers la porte et le crissement d’un panier de linge. Shéhérazade avait sûrement mis le linge dans un panier qu’elle portait à l’aide de ses bras mais avant que la porte ne se referme derrière la brune, Némésis capta une dernière phrase. « Je…on ne veut pas vous perdre » Il y a bien un moyen de guérir son corps malade, mais la nature du traitement est tellement vicieux et immoral que, oh grand jamais, elle ne l’utilisera. Le traitement en question se présentait ainsi : Le sacrifice d’un nouveau né d’ascendance angélique, pur et innocent qui purgerait le mal qui réside en elle. Son maître défunt lui avait parlé de ces quelques maladies aux remèdes intolérables, des années plus tôt, dans sa lointaine enfance. Mais Némésis ne tolérerait pas de voir une vie sacrifiée pour la sienne, une vie innocente qui plus est, une vie qui n’a pas eût le temps de profiter de quelques années pour jouir de l’amour, l’amitié, l’évolution.

    « Mes frères… » Que faisaient-ils en ce moment, dans leur territoire ? Jouissaient-ils d’un quelconque bonheur ? Némésis ne préféra pas s’attarder sur ces envies et sortit à la hâte du bain pour s’essuyer à l’aide d’un essuie en laine. Propre et sèche, après avoir coiffé soigneusement sa belle cascade argentée, rafraîchit son visage d’un onguent à base de fleurs d’eucalyptus, elle enfila son beau kimono d’un vert jade qui lui allait à merveille, enfila des sandales solides en cuir par-dessus ses bas blancs. Après quoi, elle sortit de sa chambre, fin prête, et déambula dans les couloirs du château, saluant les personnes qu’elle croisa au passage, jusqu’à rejoindre l’entrée du château pour profiter du grand air. Le ciel commençait à se couvrir mais rien n’empêcha la Ganso d’aller faire sa promenade, partir méditer sur le Mont Amé où elle se rendait fréquemment pour goûter au silence du lieu sacré. A mesure qu’elle avance dans la plaine qui borde l’enceinte du palais, les odeurs sucrées des fleurs de champ envahissent l’air tandis que les habitations s’évanouissent derrière elle. Seule au milieu d’un paysage fantasmagorique, entourée par des papillons de toutes variétés, d’abeilles butinant le pollen des fleurs, Némésis emprunta un chemin qui menait vers les pieds de la montagne sacrée. Un vent tiède souleva des mèches d’argent derrière ses oreilles et lui décrocha un sourire suave. Elle aimait ces moments de tranquillité absolue, loin du mal ou de la cohue. Pendant une bonne demi-heure, elle gravit la montagne à son rythme, voulant faire perdurer ce moment solennel, cette période de silence dans ce paysage désert de végétation. Simplement de la roche, encore et toujours. Il n’y avait que ça qui entourait la belle Ganso à mesure qu’elle progressait entre les falaises de la montagne, engloutie par les roches. Bien qu’à mi-chemin du mont sacré, sa magie palpa une présence dans le lieu où elle voulu se rendre. Une présence qui ne lui était pas inconnue, loin de là. Les contours d’un franc sourire se dessinèrent sur le visage de la mage qui finit de réduire la distance pour arriver sur le Mont Amé, lieu sacré. Et c’est là qu’elle aperçut une silhouette penchée près d’un étang d’eau bénite où grouillaient quelques poissons. Un homme de svelte mais grande silhouette, à la chevelure d’ébène, le regard imperturbable. Lorsque sa voix interrompit la douce quiétude caractéristique à l’endroit, la femme en kimono vert rejoignit l’étang, se plaçant à quelques pas de son fidèle chevalier, un homme qu’elle considère comme un ami bien que ce dernier impose une certaine marge de grandeur entre eux deux, contrairement à ce que souhaiterait Némésis. Puis vient cette question particulière, qu’est-ce qui l’amenait sur le sommet de la montagne ? L’argentée vient s’asseoir sur un gros rocher qui bordait l’étang, l’air sereine. D’une voix calme et sincère, la Ganso n’essaya pas de cacher les raisons qui l’avaient amenée jusqu’ici, accordant toujours sa plus grande confiance à Leif. « Je suis venu trouver un peu de repos… » Elle fixait avec attention le chevalier qui continuait obstinément de ne pas la regarder. « Regarde-moi Leif » Je savais qu’il s’inquiétait pour ma maladie, qu’il éprouvait quelques inquiétudes assez fréquemment mais je ne souhaitais pas le voir dans de tels états d’âmes…dans… « Aurais-tu pitié de moi ? » Elle se redressa pour dévorer les derniers mètres qui la séparaient de Leif. « Je souhaiterai que tu ne t’inquiètes pour moi, mais je pense que c’est tâche impossible.» Némésis s’agenouilla sur la berge de l’étang, le regard rivé vers l’eau miroitante. Une lumière verte naturelle éclairait le fond du bassin, provoquée par les matériaux précieux qui gorgeaient la roche. Elle plongea lentement sa main dans l’eau et contrairement avec Leif, les petits animaux aquatiques vinrent réclamer la tendresse de ses doigts affectueux. « Il me faudra prévenir bientôt frère Grhun et frère Eras, je le sais très bien, mais…c’est une rencontre que je redoute » Némésis soupira, l’air las « Me crois-tu lâche Leif ? Lâche de ne rien dire, pourtant je ne souhaite pas les affoler. Les peser d’une autre inquiétude n’est pas dans mes désirs premiers… »


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[center]Généreuse ; Compréhensive ; Volonté de fer ; Juste ; Malade (santé)


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MessageSujet: Re: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Sam 9 Oct - 20:52

And now, some of you think I'm a fool...

« Je suis venue trouver un peu de repos… » ces mots résonnent dans mon esprit. « Je suis venue trouver un peu de repos… » quelque chose me perturbe. « Je suis venue trouver un peu de repos… » l'air lointain et les pupilles toujours basses, je repasse sa première phrase en boucle. encore et toujours. « Je suis venue trouver un peu de repos… » retour sur Terre. esprit flou. « Regarde-moi Leif. » de toute façon rien ne sert de se triturer ainsi les méninges, cela ne fera en rien disparaître ce mal qui la ronge chaque jour de plus en plus. le fait de ne pas savoir comment lui venir en aide, de ne pas pouvoir agir me rend consciemment soucieux. ne pas lui montrer. ne surtout pas lui faire d'avantage de mal. tellement jeune et pourtant déjà livrée à un aussi dur combat. un amère requiem se propage dans l'air, comme si le vent souhaite me communiquer un espoir, une bonne raison de ne pas m'en faire: mais comment ne pas y penser quand en plus de cela... nous, chevaliers; devons la protéger? je ne suis pas du genre à m'inquiéter, mais même avec toute la bonne volonté du monde, je ne parviens pas à m'ôter cette maladie de la tête. à quoi bon se lamenter me direz-vous, mais tout le problème est là: la Ganso n'en a pas encore parlé à ses frères. cela me rassure et m'inquiète en même temps. et si Takashi vient à profiter de cette faiblesse, qu'adviendra t-il d'elle? tête maintenant redressée, j'effleure son regard délicatement, ne voulant surtout pas lui faire croire que... « Aurais-tu pitié de moi ? » voilà. c'est exactement que je ne veux pas entendre. lui répondre honnêtement ou bien préférer le silence. « 'Pitié' n'est pas un mot que j'aime à employer. J'ai beaucoup trop d'estime pour vous pour penser de cette manière. D'autant plus que personne n'est infaillible, tout le monde connait un moment de faiblesse. » intrigué par la suite des évènements et la voyant soudainement se rapprocher, je tache de garder un visage serein, bien qu'au plus profond de mon être je ne le sois qu'à moitié. toujours est-il que je ne suis pas rassuré. prenez l'exemple du mont Amé: rien que le fait de savoir que la mage est montée ici toute seule me rend marteau. malade comme elle est. un malaise. imaginez un peu ce qu'il pourrait se passer. « Je souhaiterais que tu ne t’inquiètes pas pour moi, mais je pense que c’est tâche impossible.» tâche impossible. un air un peu plus grave se peint sur mon visage. ainsi, Némésis me demande de ne pas m'inquiéter, de faire comme si tout est normal. se moque t-elle de moi ou tente t-elle simplement de se rassurer elle même? penser à autre chose et se dire que tout pourra rentrer dans l'ordre, qu'elle retrouvera sa vitalité d'autrefois bientôt. sourire innocent à la clef, je baisse à nouveau la tête sur le petit ruisseau. « Sans vouloir aller à l'encontre de votre injonction... Quoi que vous fassiez, l'inquiétude sera présente jusqu'à votre rétablissement, et effectivement marquer une pause inutile d'essayer de me rassurer avec vos paroles; aussi sages soient-elles. » phrase dite avec douceur, mais pourtant sacrément utile pour mettre les choses au clair. se voiler la face, pour elle. se demander si demain elle sera encore là, pour moi. l'intéressée s'agenouille à côté de moi, plongeant par la même occasion sa main dans l'eau cristalline. toujours debout à sa gauche, j'observe attentivement ce qu'elle fait, prenant garde à ce qu'elle ne bascule pas suite à un coup de fatigue. une scène comme celle-ci est attendrissante. voir tous ces poissons qui, comme de grands fidèles, viennent réclamer la tendresse d'une main aimante, pleine de promesses. cependant, chaque paradis connait une part d'ombre.« Il me faudra prévenir bientôt frère Grhun et frère Eras, je le sais très bien, mais…c’est une rencontre que je redoute » tout à fait compréhensible d'ailleurs. « Me crois-tu lâche Leif ? Lâche de ne rien dire, pourtant je ne souhaite pas les affoler. Les peser d’une autre inquiétude n’est pas dans mes désirs premiers… » cet air lassé qui semble se dessiner sur son visage et cette soudaine impression d'être coupable. l'écouter et réfléchir à ce que je vais pouvoir dire, à ne pas divulguer de phrase malheureuse.

C'est sans brusquer les choses que je m'agenouille à mon tour. Némésis a besoin d'être rassurée, épaulée ou tout au moins: de parler. Tout en restant sérieux, je penche la tête sur le côté, tel un enfant à qui l'on confierait un secret bien gardé. « Némésis... » se rapprocher. hésiter. tendre une main jusqu'à son épaule et hésiter encore. finalement la poser et se demander si j'ai bien fait. ces doigts qui se doivent rassurants. « Vous n'êtes en rien lâche. Votre défaut est de penser aux autres avant de penser à vous. Et puis... de vous à moi, il me semble logique que vos frères soient d'avantage fâchés si vous veniez à ne pas leur en parler. Ces seigneurs l'apprendront forcément un jour et vous en tiendrons peut-être même rigueur. Mieux vaut crever l'abcès le plus tôt possible. » lui saisir la main encore libre et la fixer dans les yeux sans défaillir. que l'on me pardonne ces familiarités. « Après tout, vous avez été capable de me le confier; alors pourquoi pas à vos frères? se taire et réfléchir une seconde fois. Je suis parfaitement conscient que vous ne vouliez pas les inquiéter mais... c'est un mal nécessaire. Peut-être trouverez-vous ensemble une solution aux différents problèmes. Ecoutez votre coeur et sachez que quelque soit votre décision, je serai toujours derrière pour vous soutenir. » certes, ce n'est pas vraiment rassurant mais au-delà de toute cette histoire, d'autres chevaliers sont là pour la protéger alors qu'aurait-elle à en voir un partir? ne défaisant pas ma main je souris. « Puis-je vous demander une requête? » ne pas attendre qu'elle réponde et enchainer de suite. « Souriez comme vous le faites tous les jours. Ne perdez surtout pas ce magnifique sourire qui vous sied à ravir. » lâcher son épaule et déplacer la main jusqu'à sa joue, prenant soin de ne surtout pas lui faire mal en chemin. « Quoiqu'il puisse se passer par la suite, promettez moi de ne jamais perdre cette jolie étincelle qui vous anime, Némésis. » rester dans cette position et ne pas la lâcher des yeux pour ensuite tendrement lui demander: « Votre nuit. Avez-vous bien dormi? » inquiétude voilée qui se manifeste sous forme de questions, aussi ridicules puissent-elles être. bien entendu que certains rigolent de ce genre d'attention. bien entendu que des moqueries fuseraient si les autres étaient là. imaginez un peu un chevalier qui parle ainsi à une dirigeante, qui se trouve être aussi proche d'elle. cela ne devrait pas être permis. que faut-il faire pour qu'elle ne paraissent plus aussi lasse, aussi maussade? n'y pensant plus vraiment, je laisse mon pouce se promener sur sa joue petit sourire taquin sur les lèvres. « Impossible de me mentir, mais vous pouvez toujours tenter votre chance » loin de moi l'envie de l'intimider, je souhaite juste qu'elle aille jusqu'au bout de ses pensées, qu'elle m'explique clairement ce qu'elle vient faire en ces lieux. quelques signes sur sa frimousse peuvent déjà me certifier qu'elle n'a pas passé une bonne nuit. des yeux fatigués qui tentent en vain de prétendre le contraire. un visage aussi blanc que la neige qui se dépose sur les montagnes en hiver et puis... il y a cette étrange sensation qui me hante et sur laquelle je ne parviens pas à mettre un nom. allez allez, il faut trouver un geste, une parole qui pourrait lui rendre un tant soit peu son sourire. délicatement, je fais une seconde fois glisser mon pousse jusqu'au dessous de ses yeux, en dessinant le contour et ajoute, l'air profondément moqueur « Oh les vilaines petites cernes que voilà. » non, non, elle n'en a pas, juste pour divertir un peu et la faire réagir. rapprocher son visage, faire mine d'inspecter ses yeux et éclater de rire. à vrai dire, ça ne m'est pas arrivé depuis bien longtemps. surprise exprimée dans la voix et je me recule, gêné. « Veuillez me pardonner cette familiarité soudaine, cela ne se reproduira plus. » main qui vient se joindre aux mèches rebelles et qui... qui... attendez nooon! inconsciemment je me recule et finis par... basculer dans le ruisseau. émerger la tête de l'eau et rester pantois là, ne sachant que faire. recracher toute cette eau qui s'est brusquement infiltrée dans ma bouche et regarder Némésis, encore plus gêné qu'auparavant. rester immobile au milieu du cratère d'eau et se demander combien de temps dure cet instant. pourquoi maintenant? moi qui par habitude ne suis pas du tout maladroit! « C'est bien mon jour. » moi ronchon? pas du tout.

Détestant plus que tout cette sensation de fraîcheur, je m'approche seul de la rive et commence à escalader, espérant ne pas refaire une chute. Autant l'avouer: il faut vraiment ne pas être rusé pour tomber dans cette étendue d'eau! Allez savoir ce qui m'est encore passé par la tête. A cet instant, après être enfin de retour sur la terre ferme, je pousse un léger soupir. « Tout va bien, je ne vous ai pas éclaboussé au moins? » Heureusement que l'eau n'est pas froide, j'aurais encore l'air plus fin! un imprévu comme celui-là ne devrait même pas arriver, voyez-vous. voilà que maintenant je me sens réellement ridicule. tout en fronçant les sourcils, j'enlève les gants qui me collent aux doigts, galérant légèrement. dans l'espoir de passer outre ce petit problème, je me permets un commentaire. « Très élégant votre kimono! » ou: comment changer de sujet et oublier l'accident. d'une main je replace mes cheveux et ajuste ce qu'il reste du col. pas le choix, il va me falloir relever les manches de la chemise... voyez un peu le travail.
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Némésis Phoenix

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MessageSujet: Re: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Dim 24 Oct - 14:52

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    « 'Pitié' n'est pas un mot que j'aime à employer. J'ai beaucoup trop d'estime pour vous pour penser de cette manière. D'autant plus que personne n'est infaillible, tout le monde connait un moment de faiblesse. » La faiblesse de la mortalité, celle de ne point être insensible aux maux de ce monde. Soupireuse, la peut-être condamnée écoutait ces paroles d'une oreille. Leif, chevalier loyal sur qui elle pouvait se reposer, éprouvait un peu trop d'inquiétude à son goût, sentiment si compréhensible en attendant. Regard douceureux, âme généreuse, cet endroit lui procurait un repos, un apaisement soudain, à moins que la présence du fidèle guerrier n'y soit pour quelque chose? Elle le regarde, constate son air devenu plus grave. Soupire, elle détourne son regard du sien, sachant déjà que quelques paroles dures aller profuser de la bouche délicate de Leif. « Sans vouloir aller à l'encontre de votre injonction... Quoi que vous fassiez, l'inquiétude sera présente jusqu'à votre rétablissement, et effectivement ....inutile d'essayer de me rassurer avec vos paroles; aussi sages soient-elles. » Pas vraiment de surprise, Leif avait entièrement raison, mais Némésis voir les gens se faire du mouron pour elle. Ses frères, Grhun et Eras, la tâche qui lui apparaît comme la plus dure de son existence! Voir leurs visages se décomposer d'inquiétude, de crainte, de pitié? Horreur! Glorifier sa mort avec simplicité? Rêve tentant mais utopique. Mais a côté de Leif, inquiétudes et problèmes semblent s'envoler. Dans ce cocon de sécurité, la belle Ganso, enfin, peut se reposer. Son regard nonchalant, ses paroles prohibant l'hypocrisie, sa tiède chaleur, quel bonheur. « Némésis... » Petit regard attentif penché vers lui. « Vous n'êtes en rien lâche. Votre défaut est de penser aux autres avant de penser à vous. Et puis... de vous à moi, il me semble logique que vos frères soient d'avantage fâchés si vous veniez à ne pas leur en parler. Ces seigneurs l'apprendront forcément un jour et vous en tiendrons peut-être même rigueur. Mieux vaut crever l'abcès le plus tôt possible. » Elle sent la chaleur de sa paume se répandre à travers les tissus soyeux de son kimono. Geste affectif? « Après tout, vous avez été capable de me le confier; alors pourquoi pas à vos frères?» Parce que ce n'est pas la même chose, aurait-elle voulu dire, mais les mots moururent dans sa bouche. « Je suis parfaitement conscient que vous ne vouliez pas les inquiéter mais... c'est un mal nécessaire. Peut-être trouverez-vous ensemble une solution aux différents problèmes. Ecoutez votre cœur et sachez que quelque soit votre décision, je serai toujours derrière pour vous soutenir. » Un soutien inespéré, elle lui sourit, affectée par ces paroles sincères que peut de gens osaient dire ouvertement. Etre épaulée dans les moments difficiles, pouvoir se laisser aller un moment, les défenses relâchées, le coeur au repos. Si Leif n'était point là pour l'aider à maintes occasions, peut-être aurait-elle déjà failli, baisser sa garde, se faire surprendre par l'ennemi. Présent, en chair et en os, bien réel, Némésis sait qu'elle pouvait compter sur lui. « Puis-je vous demander une requête? » Elle acquiesce d'un signe de tête, intriguée par la requête de son chevalier. « Souriez comme vous le faites tous les jours. Ne perdez surtout pas ce magnifique sourire qui vous sied à ravir. Quoiqu'il puisse se passer par la suite, promettez moi de ne jamais perdre cette jolie étincelle qui vous anime, Némésis. » Surprise, mais Némésis finit par acquiescer une seconde fois et, sur les dires du jeune homme, s'obliger à reprendre ce sourire éclatant de générosité, de tendresse et de joie qui la caractérisait tant. Malgré la fatigue, les problèmes et les attaques, elle n'avait de cesse de penser à l'image qu'elle pouvait donner d'elle assez souvent. Et tandis que le pouce du guerrier traçait un chemin sinueux sur sa joue blanche, de nouvelles paroles dévalent. « Votre nuit. Avez-vous bien dormi? » Némésis savait Leif assez perspicace pour cacher ses inquiétudes sous des questions innocentes. Si sa nuit s'était bien passé? Non, comme depuis quelques mois, mais il devait le savoir. Un espoir que son sommeil se soit atténué, peut-être? « Impossible de me mentir, mais vous pouvez toujours tenter votre chance » Ce n'était pas dans les intentions de l'argentée. Soupir alors qu'un doigt continue de ce promener sur son visage. Par des moyens enfantins, Leif tentait de lui arracher cet air quelque peu maussade qui assombrissait son visage, rendait ses traits ternes, mais qu'y pouvait-elle? Il y a des jours où la fatigue oppresse davantage. « Oh les vilaines petites cernes que voilà. » Des cernes? Peut-être même si Némésis fit l'étonnée. Elle s'apprêta à rechigner, envoyer valser ces futiles paroles quant, alors qu'il exprimait la gêne de ses gestes « Veuillez me pardonner cette familiarité soudaine, cela ne se reproduira plus. » tomba piteusement dans l'eau. Alors là, face à ce spectacle plutôt rare - voir Leif tomber un peu, il faut bien se l'avouer, lamentablement, dans l'eau miroitante de l'étang - Némésis sentit un rire naître en son sein. Sensation de volupté, rire délicat qui fleurissait sur ses lèvres rosâtres. Portant sa main à sa bouche, elle ne peut se retenir face à l'étendue de la situation. « C'est bien mon jour. » Oui, effectivement.

    Et le voilà en train d'escalader la pente rocheuse pour se sortir de cet étang sacré. En le voyant revenir près d'elle, trempé de la tête au pied, Némésis ne peut réprimer un sentiment de culpabilité, mêlé de cet amusement soudain. « Tout va bien, je ne vous ai pas éclaboussé au moins? » Un déniement de la tête, toujours ce large sourire qui illumine ce visage de porcelaine, cette main cachant le rire précédent. La Ganso tend sa main gracile en sa direction, une lumière blanche et chaleureuse se propage dès lors le long de ces doigts fins, inonde les environs d'une chaleur apaisante, rejoins bien vite Leif pour faire sécher toute cette humidité et le voilà comme neuf! Hum, non, mais ce n'est qu'un détail sans importance. « Très élégant votre kimono! » Ah? C'est gentil! « Toujours aussi flatteur » Il tente de changer de sujet? Bien, Némésis n'aura pas à répondre à sa question dérangeante sur son sommeil agité. Elle se relève, défroissant les plis de son kimono formé par sa position dans un geste furtif, se rapproche dans une démarche légère, du guerrier. « Il a fier allure le chevalier! » Sa main blanche s'égarer jusqu'à la joue de Leif, voulant le taquiner comme lui l'a fait pour elle. « Et dire qu'il est mon fidèle bras droit » Petite plaisanterie lancée par une langue rose, yeux plissés sous l'amusement, oh joie inexorable. Lui chatouiller le nez de l'index, puis s'écarter tout en croisant les bras contre sa poitrine, puis au final, résignée, enfin lui répondre, ne pas perdre cette jovalitié pour autant. Non, je n'ai pas bien dormi, comme tu dois t'en douter. Ma maladie persiste mais j'essaie d'en faire abstraction. » Essayer de la rassurer, peut-être en vaine vain. « Même s'il y a bien un moyen de dissoudre les méfaits de cette maladie » Zut, c'est partit tout seul! De toute manière, hors de question d'utiliser ce remède machiavélique. Fallait-il que des gens meurent pour qu'elle survive? Non, bien trop immoral, cruel, inconcevable! Malgré les paroles, toujours la mine radieuse, l'inquiétude masquée sous la jovialité. Némésis se rapprocha du bord de la montagne, lieu abrupte et dangereux pour de simples mortels, des humains sans entraînements. Un élan, une envie de sauter? Oui, quelques fois, mais pour mieux se réceptionner. Aux derniers instants de chute, après un sentiment de liberté, de volupté, d'indicible espoir, choisir sa destinée. Un regard dans le vide, les bras pendant le long de ses hanches. Oublier, ne plus penser. « Leif, que penses-tu de la vie? » Un cours de philosophie? Non, pas vraiment, mais aimer partager ses opinions, se libérer un peu, voir ce que pense le monde...idée tentante. Un regard vers lui, un sourire volatile. « Moi j'aime la vie, sous toutes ses formes, même son obscurité. L'équilibre du Yin et du Yang, noirceur et blancheur, joie et tristesse, il faut que l'un existe pour que l'autre se maintienne.» Lever les bras, dévorer le soleil d'un regard, planète flamboyante ayant réussit à percer les blocs de nuages qui flottaient dans le ciel. Sentir la chaleur de ses rayons venir réchauffer la terre, faire vivre la nature et la joie des âmes. Oublier le malheur, se réjouir du présent et du futur à apporté et puis rabaisser ses bras, dénier un instant ce comportement d'enfant, rire pour soi et enfin se retourner vers lui, rayonnante, oublieuse de sa maladie un instant, quelques secondes, moment charnel « Et même si un jour je viendrais à m'éteindre, la vie ne cesserait de continuer, pas nécessairement en mal car des gens comme toi seraient là pour y remédier, j'en suis sûre. » Positiver, ne pas se laisser surprendre par la faucheuse, ne pas laisser la surprise se peindre sur les visages...accepter l'éventualité de la mort.


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MessageSujet: Re: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Lun 1 Nov - 3:01

« une valse, my Fair Lady? »

Sentir la chaleur m'envahir et aller tout de suite mieux. Voilà ça y est, je suis sec. Que ferais-je si elle n'était pas là, avec moi? Bon d'accord, sans cette soudaine maladresse et sans sa présence rien de cela ne se serait passé; mais tout de même. « Toujours aussi flatteur » oserait-elle me reprocher ma franchise? faut-il donc que je me mette à mentir pour lui convenir? il y a des choses que je n'aurais pas dû me permettre. c'est qu'elle peut en écrire des pages et des pages à mon encontre, sur tous ces gestes qui se veulent régulièrement tactiles. et dire que je fais tout ça dans le but de lui faire avouer ses démons, toutes ces petites choses qui ne cessent de la hanter. elle se rapproche, la démarche légère « Il a fier allure le chevalier! » pourqu- sa main. sa douce main sur ma joue. dérangé sur le coup, je me prends à me racler la gorge. nous nous taquinons à tour de rôle et ce depuis bien des semaines maintenant. « Et dire qu'il est mon fidèle bras droit » remarque. quelle remarque. laisser un sourire sincère naître sur mes lèvres et m'apprêter à répondre. trop tard. son petit doigt s'agite sur mon nez, me faisant légèrement grimacer. « D'humeur taquine aujourd'hui... Vôtre Majesté. » se perdre dans un gloussement et manquer d'enchainer sur une autre ânerie lorsque tout redevient sérieux. « Non,je n'ai pas bien dormi, comme tu dois t'en douter. Ma maladie persiste mais j'essaie d'en faire abstraction. » la maladie. ma frimousse joyeuse se peint alors soudainement en douloureux regrets. « Même s'il y a bien un moyen de dissoudre les méfaits de cette maladie » un... il existe un moyen? dubitatif, mes yeux se mettent à cligner; immensément interrogateurs. figé. soufflé. rassuré. mes pupilles suivent ses déplacements, craignant qu'elle ne fasse une mauvaise chute. le bord de la montagne. sortir de cette torpeur et enfin avoir le courage de prononcer quelques mots. Poser une main sur son épaule, comme pour la retenir, comme pour lui dire de ne pas sauter. mais attendez... je commence à m'imaginer des scénarios catastrophes, ce n'est pas bon signe. « Attendez... » inconsciemment je resserre mon étreinte sur cette épaule si fragile, non pas jusqu'à lui faire mal, mais suffisamment pour la faire rester là, à sa place. « … quel est ce moyen? » attendre une réponse claire et précise. se foutre de savoir si cette solution est dangereuse, du moment qu'elle peut sauver cette souveraine tant appréciée. Un peuple a besoin d'un dirigeant, d'une personne sage et raisonnable pour le guider. Un peuple ne voit l'espoir qu'à travers cette personne, qu'à travers ses exploits, ses prières, ses façons de se comporter et puis enfin... ses promesses et ses actions. « Leif, que penses-tu de la vie? » ce que je pense... de la vie? sourire narquois. tête dorénavant baissée. sourire à demi caché. ce que je pense de la vie. excellente question. « Moi j'aime la vie, sous toutes ses formes, même son obscurité. L'équilibre du Yin et du Yang, noirceur et blancheur, joie et tristesse, il faut que l'un existe pour que l'autre se maintienne.» nous sommes tous des pions soumis à la bonne volonté du destin. ce destin qui finit par nous terrasser, nous conduisant jusqu'aux portes de la mort. « Joker. » nul. ne pas répondre à une souverain à qui l'on a juré fidélité peut être considéré comme un crime, voire même comme un manque de respect. mais pour moi ce n'est ni l'un, ni l'autre; juste une façon de bien lui faire comprendre que je n'ai pas d'avis tranché sur ce genre de questionnement. la vie. d'abord: qu'est-ce que vivre? non à vrai dire, mieux vaut qu'elle ne sache pas ce que je pense vraiment là, actuellement. son regard. ses bras tendus vers l'avant. lever un sourcil devant ce spectacle. pas que je sois particulièrement surpris de la voir se comporter de la sorte, mais disons que... j'ai l'impression qu'elle passe d'un état à un autre sans me laisser le temps de m'y acclimater. voilà qui est fort fâcheux si je ne veux pas perdre le fil. dans mes pensées profondes, je laisse mes iris se promener sur le paysage, saluant la beauté des lieux. Certes la nature est belle, mais que se passe t-il réellement derrière tant de magnificence? La main jusqu'à présent sur son épaule trouve alors un autre chemin, se perdant le long de mon corps -retrouvant donc également sa place initiale-. « Et même si un jour je viendrais à m'éteindre, la vie ne cesserait de continuer, pas nécessairement en mal car des gens comme toi seraient là pour y remédier, j'en suis sûre. » elle n'a pas le droit de dire ça. non, elle n'a pas le droit car rien n'est encore joué. « Vous ne vous éteindrez pas. » une conviction. une parole qui ne doit en aucun cas être contredite sur le moment. qu'il vaut mieux se contenter sans protester. « Vous n'avez pas le droit. » c'est d'un pas décidé que je viens me placer à ses côtés, nous rapprochant tous les deux. « Et de toute façon quelque soit cette solution, il vous faudra vous y résoudre. Pensez à toutes ces personnes qui comptent et qui croient sur vous. A vos frères qui aimeraient vous savoir en bonne forme. A ces fidèles qui ne cessent de vous suivre chaque jour et dont je fais partit. S'il vous plait Némésis... dîtes-moi ce qu'il faut faire. » je ne sais pas si c'est une chose que la Ganso doit faire seule, ou bien si c'est un exploit que nous autres, partisans devons accomplir à son encontre.

Egoïste. Egoïste. Pauvre idiot. Tu veux qu'elle masque ses émotions sous de futiles sourires, tous aussi faux les uns que les autres... c'est ça que tu veux? Sourire quand Leif est là. Sourire parce qu'il l'a demandé. Sourire pour ne pas lui faire de peine. La ferme! Cependant... oui cependant ce truc n'a pas tout à fait tort. Tourner la tête sur le côté, croiser les bras et prendre une mine contrariée, voyons même presque enfantine encore une fois. comique, essayons juste de détendre l'atmosphère; en jeune clown que tu es Leif. « Ne vous amusez surtout pas à penser que nous allons rester là, les bras croisés s'il existe une solution à votre problème de santé. Et puis je suis prêt à gravir les plus hautes montagnes, à contrarier les pires plans et même... à combattre Takashi s'il le faut! Soulever des monts, décrocher la lune, faire les pires pitreries pour trouver cette clef salvatrice. » trouver la situation un peu longuounette et se permettre pour la énième fois de sortir de cette dure routine. me positionner derrière elle et poser mes mains sur ses épaules. lui murmurer quelques doux mots dans l'espoir de l'apaiser, de lui faire retrouver cette confiance en soi que je sens légèrement fendue. « Nous sommes tous un jour ou l'autre destinés à disparaitre, mais vous Némésis, vous serez immortelle, à tout jamais. Vous serez la plus belle des étoiles brillant dans le firmament de l' éternité. » des paroles sorties naturellement, comme si j'en ressens la nécessité. inutiles peut-être, mais ce sont les premiers mots qui me sont venus en tête. elle peut rigoler. elle peut même se moquer: je ne lui en tiendrai pas rigueur. « Et puis vous savez Némésis, à ce jour vous êtes la seule personne à compter pour moi. Respectable. Adorable. Sincère. La bonté incarnée. » faire remonter mes mains gantées jusqu'à ses yeux, les voilant bien vite. « Imaginez-vous loin des soucis. Imaginez-vous bien Némésis. Imaginez-vous... en parfaite santé. » une série de bonnes paroles n'a jamais fait de mal à personne -si ce n'est aux mauvais parleurs-. je n'ai pas du tout dans l'idée de l'intimider -quelle est cette étrange impression de répétition, de déjà vu?- ou de lui faire dire des choses qu'elle ne veut pas. juste lui montrer une autre facette de ma personne. une facette plus décontractée et sereine que celle que j'utilise en tant que chevalier. machinalement, ma tête se pose au creux de son épaule. « Respirez. Sentez comme il fait bon vivre. » * Non mais si tu te voyais là, en train de lui faire les yeux doux... * sursaut. bordel, bouge de là toi! * Mais qu'est-ce que tu t'imagines encore? Totalement à côté de la plaque. Il n'est pas dans tes habitudes de rassurer les gens, pauvre idiot? * * Môssieur ne sait pas s'y prendre avec les femmes et il faudrait que je l'écoute? Non mais tu t'souviens de comment tu rembarrais la fille avec qu- * * La ferme! * il est possible pour une ombre de diriger brièvement les actions de son propriétaire. culottée comme cette chose l'est, pensez bien qu'elle n'a pas envie de s'arrêter là et de voir le truc qui lui sert d'enveloppe corporelle s'engager n'importe comment. l'une des mains cachant sa vue se met alors à glisser en direction de sa bouche, se posant sur ses lèvres. * Cesse tout de suite ces bêtises! * petit ricanement « Y existe t-il une façon de se débarrasser... d'indésirables ombres? » je me sens de nouveau possesseur de mon corps et enlève bien vite cette main gênante. « Ces silhouettes nous font parfois faire des choses déplacées, voire même totalement irrespectueuses que l'on ne désire pas. » heureusement que nous sommes de dos, ou en cas contraire elle pourrait facilement discerner les petites rougeurs présentes sur mes joues. honte! reprendre conscience de la situation. « Ne restez pas au bord, je ne voudrais pas que vous basculiez malencontreusement dans le vide. » lui tendre une main et tourner la tête de l'autre côté en attendant de faire disparaitre les petites pastilles rouges imprégnées sur mes pommettes. « Allez ne me faites pas attendre... » voix qui se veut dure mais pourtant tellement tendre dans le fond. il n'y a qu'avec elle que je suis comme ça.

Tout de même Leif, tu pourrais prendre garde à la façon donc tu t'adresses à ta souveraine! Oh, entendons-nous: tout cela reste bon enfant.
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MessageSujet: Re: Un labyrinthe d'originalités ~Némésis   Mer 10 Nov - 16:40

Look me, listen to me, stop to dream, please...
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    « Attendez » Un regard vers lui, un voile d’interrogation. « Quel est ce moyen ? » Il fallait s’y attendre. Silence, le temps semblait s’être arrêté. Némésis pencha un regard vers ce fidèle chevalier avec qui la loyauté est infaillible. Tous ses états d’âme pouvaient à présent se lire dans ses deux orbes sombres. Inflexible décision de trouver ce moyen, cet infime espoir de purger le mal qui dévorait chaque partie du corps de l’argentée. Un moyen, oui, mais depuis ces dernières semaines, la vaillante mage fouillait dans les archives du château, cherchait à travers les contrées lointaines après une autre manière existante de la délivrer du mal qui la ronge à petits feux. « Joker. » « Et même si un jour je viendrais à m'éteindre, la vie ne cesserait de continuer, pas nécessairement en mal car des gens comme toi seraient là pour y remédier, j'en suis sûre.» « Vous ne vous éteindrez pas » Des paroles qui fusent en masse, s’accumulent sans pour autant atteindre Némésis. Elle ne s’éteindra pas ? Mais qui est-il pour savoir cela ? Si, elle flétrira, comme n’importe quel mortel, mais la date de sa mort est la seule chose à ne pas être fixée. Quand ? Qui sais, peut-être qu’elle soufflera sa dernière expiration demain, dans quelques semaines, dans moins de trois mois. Qui, en ce bas monde, pourrait lui donner la réponse qu’elle ne souhaiterait jamais attendre. Savoir quand on meurt est d’une cruauté tragique. « Vous n'avez pas le droit. » Une exigence, de l’égoïsme ? Némésis jeta un regard résigné à Leif. Elle n’avait pas le droit de mourir ? Croit-il qu’elle souhaite que ça soit le cas ? Non, elle essaye tant bien que mal de trouver une AUTRE solution que celle à laquelle il ne lui resterait plus qu’à céder. « Je le sais…» « Et de toute façon quelque soit cette solution, il vous faudra vous y résoudre. Pensez à toutes ces personnes qui comptent et qui croient sur vous. A vos frères qui aimeraient vous savoir en bonne forme. A ces fidèles qui ne cessent de vous suivre chaque jour et dont je fais partit. S'il vous plait Némésis... dîtes-moi ce qu'il faut faire. » Elle y pensait, chaque jour, chaque minutes, chaque seconde, mais plus la vie s’écoulait en elle et plus elle ne savait comment gérer la situation. Comment annoncer au peuple la nouvelle lorsque la mort sera une fatalité dans sa vie ? Comment parler de son extinction éventuelle. Comme abandonner…. « Il n’y a rien à faire, rien de concevable, qui se limite à la morale. Aurais-je fais quelque chose de mal dans ma vie pour qu’on m’impose une telle épreuve ? Céder aux viles du défaut humain, est-ce là une barrière à ma vie, à mes choix…. » Un pauvre sourire se matérialisa sur ces délicates lèvres pulpeuses. Ses paupières se fermèrent à moitié. « Dois-je vraiment me plier à ce scrupule de sacrifier des vies innocentes pour sauver la mienne ? Oh Leif, je ne puis, je ne pourrais m’abaisser à cette méthode, cet unique espoir » Pauvre créature, pauvre damnée, pauvre naïve qui a cru à la vie et qui, malgré la faux de la mort qui s’apprête à la transpercer, continue d’espérer. Pauvre de toi et de tes soulèvements défensifs. Pauvre de toi pour la condamnation qu’on a abattu sur toi.

    « Ne vous amusez surtout pas à penser que nous allons rester là, les bras croisés s'il existe une solution à votre problème de santé. Et puis je suis prêt à gravir les plus hautes montagnes, à contrarier les pires plans et même... à combattre Takashi s'il le faut! Soulever des monts, décrocher la lune, faire les pires pitreries pour trouver cette clef salvatrice. » Quelles belles paroles, certes, vaines, mais belles pour autant. Un regard clément, le coupe soufflé par tant de dévouement. Décrocher la lune ? Quel poète ! Mais affronter Takashi ne résoudra en rien les choses. Sa maladie réclamait un autre besoin, elle réclamait le sang des innocents, des âmes saines à dévorer. Il est vrai que la nature de la maladie qui l’avait poignardée quelques mois plus tôt n’était pas hasardeuse à sa personne. Le ‘Flétrissement des roses’, pour une rose argentée comme elle, ironique ? Complot, empoisonnement ou magie noire, la belle Némésis s’était penchée là-dessus au début, mais n’avait rien trouvé d’acceptable au final. Un espion dans ses troupes un assassin ? Qui sais…mais elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait pas qui. Pour finir, abandonner l’idée et digérer sa vulnérabilité. Des mains fermes et se voulant rassurantes viennent se poser sur les épaules frêles de cette rose argentée. « Nous sommes tous un jour ou l'autre destinés à disparaitre, mais vous Némésis, vous serez immortelle, à tout jamais. Vous serez la plus belle des étoiles brillant dans le firmament de l’éternité. » Une étoile qui perdait de son intensité lumineuse au fil des mois. « Leif, stop, s’il te plaît » Une voix qui aurait pu sembler être criée à pleins poumons, mais la belle n'avait plus d'air dans ses organes respiratoires. Du moins, était-ce son impression. Arrêter de déballer tant de belles paroles. Peut-être le pensait-il vraiment, mais cela faisait mal à la mage. Némésis écouta difficilement la suite de ses paroles, ses tentatives désespérées de la persuader….de quoi au juste ? Pensait-il que de telles paroles allaient l’aider en quoi que ce soit ? Douce utopie. Les traits de cette dernière se firent plus durs. Elle clos ses yeux, peinant à retrouver son souffle l’espace d’un instant. La vie, soudain, lui parut insurmontable, sous le flot de paroles murmurées par l’ombre. Un souffle tiède s’abattit sur sa nuque, un menton se posa au creux de sa gorge frêle. Leif…tant d’espoir, ou de désespoir ? dans cette enveloppe charnelle. Surprise lorsque des doigts graciles et promeneurs se faufilent jusqu’à ses lèvres, touchent cette peau rosâtre et fragile. Elle ne réagit pas sur le coup, laissant cette main se promener sur sa bouche comme elle l’aurait fait à elle-même. Des rougeurs, presque indiscernables mais bien réelles, ajoutent une touche de couleur à ce visage d’albâtre. « Leif… »murmure soufflé avec peine. Il retire brusquement sa main, après quelques instants d’égarement mais Némésis ne souhaite pas tourner la tête, perturbée par le geste de ce dernier. « Y existe t-il une façon de se débarrasser... d'indésirables ombres? » Ah…ce n’était pas de sa volonté. Némésis retrouva une part de soulagement en son sein et se remémora des innombrables fois où l’être envahisseur du corps de Leif avait déjà surgit par des gestes inopinés. « Je n’ai pas la réponse… » « Ces silhouettes nous font parfois faire des choses déplacées, voire même totalement irrespectueuses que l'on ne désire pas. » Son geste était donc totalement indésiré. Sans savoir vraiment pourquoi, Némésis se sentit envahit par une certaine déception. Pourquoi une telle réaction ? Reprendre contrôle mais savourer ce goût amer qui reste imprégné sur le bout de la langue. « Ne restez pas au bord, je ne voudrais pas que vous basculiez malencontreusement dans le vide. » Tentation, et si elle sautait, que ferait-il ? Allons, de telles pensées égoïstes n’étaient pas son genre ! « Allez ne me faites pas attendre... » On croirait entendre Grhun. J’eus une pensée pour mon cher frère. Un pas vers le vide, juste pour voir, voir quoi ? Une réaction sursaut de Leif ? Une épreuve qu’elle lui imposait ? Le pied balance involontairement dans le vide avant qu’une main ne se tende vers elle. La main de l’espoir. La tête baissée, le regard fixé à cette main gracile et délicate, cette main ferme et volontaire, cette main d’amitié. Elle s’en empare lentement avant de lui faire face, enfin, mais toujours très proche du vide, trop. Yeux dans les yeux, intensité sans renom, incertitude brutale. « Et si je tombais… » L’attirer à elle, se faire tomber dans le vide. Ca y est, elle l’a fait, elle a céder à la tentation de l’interdit. Les voilà en train de vaciller, de tomber, chuter, ne pas s’arrêter, ne rien rencontrer. Tout aurait pu finir ainsi, par une mort brutale, un fin rapide, mais ce serait un peu trop dramatique, vous ne croyez pas ? Elle a toujours sa main agrippée à celle de Leif. Ils tombent, de plus en plus lentement, comme si la gravité avait soudain était modifiée pour se faire moindre. Ils tombent, tombent jusqu’à flotter à quelques mètres au-dessus d’une petite plateforme située à mi-chemin entre le pied de la montagne et le sommet. Ils finissent par y atterrir en douceur, grâce aux bons soins de Némésis qui a joué avec mère nature en changeant la densité de gravité. L’un de ses pouvoirs. De cette chute, elle avait ressentie une liberté infinie, une délivrance immédiate. Et Leif ? Allait-il lui en vouloir d’un tel agissement ? Se retourner doucement vers lui, sourire même s’il se fâche et lâcher enfin sa main. « Nous faisons tous des actes insensés… » Insensés pour comprendre le censé. La belle argentée croise les mains derrière son dos, ne cesse de fixer l’ombre au caractère lunatique. « Leif, ne crois pas que je n’ai pas cherché, de toutes mes forces, de toutes mes tripes pour chercher une solution raisonnable, mais les Dieux ont décidés d’élaborer ce plan machiavélique, de me tendre une nouvelle épreuve, plus dure, plus inconcevable. Que dois-je faire ? Me résigner, céder à la part obscure de cet unique moyen, ou chercher encore, vainement, mais ne pas arrêter ? Je suis fatiguée de tant d’acharnement…j’ai perdu de cette volonté de fer célèbre et je me sens faiblir » Pencher la tête de côté, le visage empreint de ce voile de réflexion, perdre son regard dans le vide. « La vie m’apparaît soudain comme un marécage dans lequel il devient difficile d’avancer… »


    Un vent tiède et délicieux vient souffler sur leurs vêtements, soulever la chevelure opulente de Némésis. Le sifflement aigu devient maître irréprochable des lieux, se répercute en un rythme régulier entre les falaises acérées. Némésis écoute, contemple, ressent ces intrépides caresses du vent qui accentue son inquiétude. Un éboulement, un peu plus loin, vient attirer son attention. Rien de grave, juste la montage qui perd l'un de ses morceaux, chose coutume. Elle repose son regard vers la silhouette gracile qui lui fait face.


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